Pour l’Association des familles homoparentales (ADFH), l’Ifop a enquêté sur la manière dont les Français.es perçoivent la marche des fiertés et les différentes avancées concernant les gays et les lesbiennes. Voici les principaux enseignements:

  • 60% des français expriment de la sympathie pour la marche des fiertés (39% un peu et 21% beaucoup), 56% partagent les revendications (44% plutôt, 12% tout à fait). Ils étaient 55% en 2015.
  • 60% sont plutôt ou très favorables à l’ouverture de la PMA aux couples de femmes (tendance à la hausse, après une petite baisse à 47% en 2013), mais seulement 49% pour l’ouverture aux femmes célibataires.
  • 59% favorables à l’autorisation du recours à la gestation pour autrui pour les couples hétérosexuels et 44% pour les couples homosexuels. Avec dans ce dernier cas, 31% des personnes interrogées qui s’y disent très opposées.
  • En 71% des personnes sondées se déclarent favorable à la reconnaissance par l’Etat des enfants nés par GPA à l’étranger. Ils étaient 59% en 2015.

PROFIL DES REPONDANTS FAVORABLES
Le sondage a examiné le profil des répondants favorables aux revendications LGBT. Sur toutes les thématiques, on observe que les personnes sympathisantes de la France Insoumise et du Parti Socialiste sont généralement les plus favorables aux revendications des gays et des lesbiennes. Les sympathisant.e.s de La République en marche, se classent troisième ou quatrième parfois devancé par le Modem.

Pour ce qui est des catégories d’âge, sans grande surprise, les 18 à 24 ans et 24 à 35 ans sont en alternance les plus favorables. On notera en revanche, que les titulaires de diplômes universitaires ne sont jamais dans les catégories les plus favorables. Ce sont les personnes juste titulaires du baccalauréat qui soutiennent le plus souvent les revendications du mouvement LGBT.

«IL RESTE DU TRAVAIL»
«Mon sentiment est assez positif, indique Alexandre Urwicz, président de l’ADFH. Depuis les débats du mariage pour tous en 2013, on observe une tendance favorable aux droits LGBT, qui n’est pas entachée par les opposants type manif pour tous. Le mariage pour tous a montré que les familles homoparentales sont des familles comme les autres.»

Il va même plus loin: «Le fait de côtoyer des familles homoparentales est un vecteur d’acceptation de l’homosexualité.», estime-t-il.

Pour autant, il reconnaît qu’il reste « du travail ». Il reste encore une proportion non-négligeable de personnes opposées aux droits pour les personnes LGBT. « Il faut laisser du temps au temps, temporise Alexandre Urwicz. La déclassification de l’homosexualité comme maladie mentale date de 1982, c’est encore assez récent. »

Est-il optimiste sur l’ouverture de la PMA dans ce quinquennat? «Le candidat Macron l’a clairement indiqué dans son programme, rappelle-t-il. D’après les infos que nous avons, le CCNE se déclarera favorable à la PMA pour les couples de femmes, réservé pour les femmes célibataires. »

«PAS DE DOUTE SUR LA VOLONTÉ DU PRÉSIDENT»
Pour lui, «il n’y a pas de doute sur la volonté du président». «J’ai rencontré Emmanuel Macron longuement et en tête à tête en février, raconte-t-il. Il a reconnu que François Hollande avait trop tardé à ouvrir le mariage pour tous. J’espère qu’il va en tirer les leçons. Nous serons vigilants sur le calendrier qu’il compte mettre en place.» Pour le reste, «c’est une question de calendrier, de méthodologie et de travail en profondeur, estime le président de l’ADFH. Il ne s’agit pas juste d’ouvrir la PMA. Il faut examiner la question de la prise en charge. Il faut voir comment on établit la filiation à la naissance. Nous sommes favorables à une déclaration anticipée conjointe en mairie. Il faut revoir les modalités d’accès aussi. Les couples hétérosexuels mariés doivent attendre deux ans, parce que les médecins veulent laisser du temps au temps, au cas où les couples parviendraient malgré tout à faire des enfants. Dans le cas de deux femmes, on sait qu’il n’y a pas besoin d’attendre. Donc il faut supprimer ce délai de deux ans pour tout le monde.»

L’enquête a été menée auprès d’un échantillon représentatif de 1000 personnes via un questionnaire auto-administration en ligne, rempli du 13 au 15 juin.