«Début octobre, Nicolas Sarkozy dénonçait les méfaits de la théorie du genre, quelques jours après que le pape François l’avait qualifiée de «colonisation idéologique». Universitaires et journalistes durent rappeler que cette théorie n’existait pas. Mais, est-ce vraiment la meilleure stratégie?» s’interroge Bruno Perreau, professeur au MIT et qui vient de publier Queer Theory: The French Response (Stanford University Press).

Dans une tribune publiée sur le site de Libération, il explique pourquoi il est nécessaire aujourd’hui de s’emparer des questions liées aux «études sur le genre» et aux «études de genre» et de ne pas laisser les mouvements anti-égalité s’approprier et détourner ces champs de réflexion: «En réfutant l’idée de théorie du genre, n’accomplit-on pas exactement ce que les mouvements réactionnaires escomptent? L’abandon du geste théorique qui avait permis dans le sillage de Gloria Anzaldúa, de Nicole-Claude Mathieu, de Guy Hocquenghem, d’Eve Sedgwick et de bien d’autres, de déplacer les normes de genre: repenser la représentation, transformer le rapport entre corps et technologies ou bien encore imaginer de nouvelles formes d’hospitalité et d’apprentissage. C’est en investissant ces questions qu’il est possible de résister aux réactionnaires de tous ordres. Ne renonçons pas trop vite à la théorie du genre!»

Une tribune à lire dans Libération.