Cet article est extrait de la chronique Terrains de Jeux du 20 octobre 2016, à lire en intégralité ici.

Ulises Briceño est footballeur. Il joue au poste d’attaquant au sein du Venados FC, en Liga de Ascenso (la deuxième division du championnat mexicain). Le 14 octobre, à l’issue du match qui opposait son club aux Lobos de la Benemérita Universidad Autónoma de Puebla (BUAP) – match remporté par Briceño et son équipe 5-1 –, le joueur de 23 ans s’est adressé à la foule pour demander aux supporters d’arrêter de hurler «puto» aux gardiens de but adverses.

Comme l’expliquait pendant la Coupe du Monde 2014 Andres Aradillas-Lopez, un professeur d’origine mexicaine qui enseigne aux États-Unis, «le mot “puto” a plusieurs sens, mais il n’y a qu’une seule interprétation dans ce cas particulier, qui est de remettre en cause la virilité de la personne concernée. C’est donc une insulte homophobe dans ce cadre, il n’est pas possible de tergiverser à ce sujet. Je suis sûr que si vous posez la question à n’importe quel gay qui a grandi au Mexique, il vous dira à quel point ce mot est profondément offensant et blessant. Même si les fans mexicain.e.s prétendent qu’ils ne l’utilisent pas dans un sens homophobe» (lire Les supporters mexicain.e.s scandent une insulte homophobe sans réaction de la Fifa).

Le discours de Briceño, rapporte le quotidien espagnol El País, a été accueilli par de nombreux applaudissements mais aussi quelques huées. Le gardien du BUAP a remercié Ulises Briceño de ses paroles, tandis que l’arbitre de la rencontre soulignait le courage du joueur. De son côté, Enrique Bonilla, le président de la Liga MX (le championnat du Mexique) a qualifié le geste de «très noble».

Après avoir tenté d’ignorer le problème, la Fédération internationale de football (FIFA) a fini par se décider à sanctionner le Mexique, parmi d’autres. La semaine dernière, cette chronique évoquait ainsi une cinquième amende en onze mois. Au printemps 2016, la fédération mexicaine avait lancé une campagne dans laquelle les joueurs de l’équipe nationale invitait les supporters à se montrer plus inclusifs/ves.