Les « Oublié-e-s » de la Mémoire Association Civile Homosexuelle du Devoir de Mémoire organise à Paris une journée d’étude, le vendredi 14 octobre 2016, sur le thème : «La répression des homosexuels pendant la Seconde Guerre Mondiale en France – Une mémoire controversée devenue objet d’histoire.»

À cette occasion, plusieurs spécialistes, dont l’historienne Florence Tamagne ou encore Julian Jackson, viendront présenter l’état des recherches et des connaissances sur ce sujet, qui est resté longtemps tabou et ignoré par l’histoire officielle. Mais les choses changent. Selon les Oublié.e.s de la mémoire, depuis une dizaine d’années, la répression des homosexuels durant la Seconde Guerre mondiale s’est imposée en France comme objet scientifique. Historiens, sociologues ou juristes traitent d’un thème que les militant.e.s homosexuel.le.s ont longtemps porté seul.e.s.

Dans un premier temps, il s’est agi d’établir la réalité d’une déportation de France pour motif d’homosexualité. Mais celle-ci, et notamment son ampleur, demeure sujette à caution pour certains, malgré sa reconnaissance officielle au milieu des années 2000.

La journée abordera entre autres les connaissances sur la variété des mesures répressives prises en zone occupée, en Alsace-Moselle mais aussi sur le territoire du Reich, à l’encontre de Français dont les pratiques sexuelles étaient jugées «contre-nature». Pourquoi, comment et dans quelles mesures ces personnes ont été inquiétées en raison de leur préférence sexuelle ? Telle sera la première série d’interrogations auxquelles cette journée d’étude tentera de répondre.

Les grandes étapes et les figures marquantes de la construction mémorielle de cette répression font aussi partie des thématiques abordées lors de cette journée, dont le programme complet est téléchargeable (en PDF).
Cette journée est soutenue par le Ministère de la Défense (Direction de la Mémoire, du Patrimoine et des Archives), la Réserve parlementaire et la Ville de Paris et est coordonnée en partenariat avec la Fondation pour la Mémoire de la Déportation.

Jeudi, à 18h15, la soirée inaugurale de cette manifestation se tient à la Mairie du IVe, et est consacrée à la mémoire de Pierre Seel, déporté pour motif d’homosexualité  et qui fut un des rares à témoigner.

«La répression des homosexuels pendant la Seconde Guerre Mondiale en France – Une mémoire controversée devenue objet d’histoire», vendredi 14 octobre, de 9 heures à 19 heures, à l’Hôtel de Ville de Paris, 3, rue Lobau. Se présenter à 8h45.
Plus d’informations sur le site des Oublié.e.s de la Mémoire.