À l’occasion de la journée internationale de la bisexualité chaque 23 septembre, Yagg vous propose de découvrir comment certaines personnalités qui ont fait leur coming-out bi ou pansexuel, se servent aujourd’hui de cette visibilité pour lutter contre la biphobie.

Evan Rachel Wood

L’actrice Evan Rachel Wood a fait son coming-out en 2011, et a depuis toujours évoqué le sujet avec force et conviction. Très présente sur les réseaux sociaux, elle n’hésite pas à faire de la pédagogie pour sensibiliser contre la biphobie: «La réalité c’est que les personnes bisexuelles font face à des discriminations non seulement hors de notre communauté mais aussi en son sein, et cela peut les empêcher de s’engager et de bénéficier du travail que les militant.e.s LGBT font pour évoquer notre santé mentale, physique, sexuelle», expliquait-elle lors de la Journée internationale de la bisexualité 2015.

Margaret Cho

La comédienne Margaret Cho fait partie des premières personnalités à avoir fait son coming-out bi. Militante féministe, elle s’exprime aussi pour dénoncer le racisme, les violences sexuelles, mais aussi la biphobie: «On nous traite encore avec suspicion, analyse-t-elle. On ne nous considère pas toujours comme faisant partie de la communauté LGBT, mais j’aime le terme bisexuel car pour moi, ce sont les héros méconnus de la communauté LGBT, on ne nous entend pas beaucoup, mais nous en faisons partie.»

Roxane Gay

«Je m’autorise à croire que ma voix compte dans un monde où en tant que femme, en tant que femme noire, en tant que femme haïtienne américaine, en tant que femme bisexuelle, on m’a dit de garder le silence à tant de reprises.» L’écrivaine Roxane Gay, auteure de l’essai Bad Feminist et désormais scénariste du comics World of Wakanda, a prononcé ces mots en recevant en 2015 le PEN USA Freedom to Write Award.

«Je n’ai jamais eu honte de la bisexualité, affirme-t-elle dans le texte The Softest part of our selves. Les femmes sont attirantes et intrigantes. Ça me plait. J’ai lutté pour accepter que j’étais attirée par les hommes car j’avais tant de raisons d’être terrifiées et dégoûtées par eux. On désire ce qu’on désire, pourtant. […] Je comprends que ce soit une question propre à chacun.e. On désire ce qu’on désire à travers le spectre de la sexualité. Peut-on changer? J’en doute. Peut-être peut-on évoluer.» Elle propose aussi une réflexion autour du coming-out à travers ceux de trois personnalités (Anderson Cooper, Sally Ride et Frank Ocean) dans un texte publié sur le site de la revue littéraire The Rumpus.

Amandla Stenberg

L’actrice et mannequin Amandla Stenberg est bien partie pour devenir une voix qui compte dans la jeune génération de militantes afro-féministes. En faisant son coming-out bi début 2016, elle veut aussi donner une meilleure visibilité aux femmes queers de couleur: «Il reste tant de travail à accomplir pour toutes les femmes de couleur, il nous faut plus de représentations au cinéma, à la télévision, il faut que nos voix soient plus fortes dans les médias. Et pas que pour les femmes de couleur, mais aussi pour les femmes bisexuelles, les femmes homos, les femmes trans, les femmes qui souffrent de pathologies mentales. J’en ai assez de toute cette misogynie, de cette homophobie, de cette transphobie que je vois autour de moi.»

Angel Haze

Depuis qu’elle s’est taillée une place dans le milieu du hip-hop, la rappeuse pansexuelle Angel Haze n’a eu de cesse d’évoquer son combat contre les discriminations et monte souvent au créneau. En 2015, elle a participé à Truce, une émission de télé-réalité de la chaîne MTV dans laquelle elle aidait des personnes à renouer avec leurs proches. Parmi elles, une jeune femme bisexuelle rejetée par sa mère. Une situation qu’Angel Haze a elle-même vécue, elle a donc pris son rôle très à cœur. Dans une interview à Afterellen, elle explique pourquoi elle jugeait nécessaire de participer à l’émission. «Ça enseigne quelque chose aux gens. Ça leur montre quelque chose de différent, l’idée de l’homophobie comme un concept totalement con: Haïr quelqu’un pour sa capacité à aimer. J’ai l’impression que si on ne le dit pas plus, si ça n’atteint pas les grands médias, on va revivre la même chose encore et encore. C’est comme le mouvement Black Lives Matter. Nous, les Noir.e.s, si on ne prend pas la parole nous-mêmes, personne ne le fera. Pour moi, c’est de la philanthropie. Je pense au monde dans lequel je veux que mes enfants vivent. Je ne veux pas qu’ils subissent la même merde.»

Anna Paquin

L’actrice révélée enfant dans La leçon de piano et revue bien plus tard dans True Blood est ouvertement bisexuelle. En 2014, l’actrice, qui s’est mariée avec Stephen Moyer, rencontré sur le tournage de la série, explique patiemment au présentateur Larry King – qui n’y connait visiblement pas grand chose en matière de bisexualité – pourquoi le fait d’être en couple avec un homme ne signifie pas qu’elle n’est «plus» bisexuelle. Efficace et imparable:

Larry King: Vous êtes bisexuelle non pratiquante?
Anna Paquin: Et bien je suis mariée, et mon époux et moi sommes heureux en tant que couple monogame marié.
LK: Mais vous êtiez bisexuelle?
AP: Je ne crois pas que ce soit quelque chose qui appartienne au passé. Êtes-vous toujours hétéro quand vous êtes avec quelqu’un?… Si vous vous séparez ou si la personne décède, ça n’empêche pas votre sexualité d’exister. Ça ne fonctionne pas vraiment comme ça.

Cara Delevingne

La top modèle britannique a fait son coming-out et met un point d’honneur à rappeler que le fait d’être bi ne constitue pas une passade. En 2015, le journaliste de Vogue Rob Haskell a en effet désigné l’orientation sexuelle de la mannequin comme une «phase» en parlant de sa relation avec la chanteuse St. Vincent: «Ses parents ont l’air de penser que c’est juste une phase pour Cara et ils pourraient avoir raison», a-t-il écrit. Interrogée par le New York Times, Cara Delevingne a mis les points sur les I: «Ma sexualité n’est pas une phase. Je suis qui je suis», a-t-elle déclaré la mannequin.

Photos : Angel Haze – Phillip Nguyen / Margaret Cho – Shawna Scott / Evan Rachel Wood – Elena Tubaro