Avec empreintE, deux performeuses ouvrent le bal de cette 9e édition du festival Jerk Off le 15 septembre. Solstix est comédienne et danseuse et floZif est performeuse et organisatrice des soirées PlayNight. Elles proposent une performance intime basée sur le kinbaku, cet art japonais – aujourd’hui pratiqué dans un cadre érotique et BDSM – , qui consiste à attacher une personne à l’aide de cordes.

En quelques mots, comment décririez-vous votre performance?

floZif: C’est une performance à deux sur la mémoire et les traces des cordes sur le corps, le lien qui se tisse entre deux personnes avec les attaches-détaches et ce qu’il en reste sur la peau, dans la chair, dans les sens. C’est un voyage d’émotions traversées par les cordes.

Solstix: empreintE est une sensation physique vécue, que la situation amplifie. La situation d’être à la merci de l’autre, de se livrer corps et âme, dans sa vulnérabilité et le lâcher prise. Il y a toutes sortes de degrés et d’étapes dans ces sensations et la mise-en-scène en livre l’essence.

Quel en a été le point de départ d’empreintE?

floZif: Je pratique le kinbaku – ou bondage, mot plus souvent utilisé – depuis 5 ans. J’ai commencé à attacher Solstix et une réelle rencontre créative a eu lieu. Nous avons voulu développer nos recherches et nos sensations pour en faire une performance. Je voyais beaucoup de shows bondage mais nous voulions mettre en avant une autre forme, plus personnelle et intime, innovante, avec une réelle mise-en-scène.

Solstix: C’est venu de l’envie de travailler avec floZif sur une forme artistique qui puisse déployer l’imaginaire de mon ressenti dans les cordes, et chercher à partager avec un public des images qui puissent le toucher, dans lesquelles il est convié à se projeter, à revenir à lui-même, à ses propres empreintes…

empreinte flozif solstyx 3 francois stemmer

Vous vous inspirez du kinbaku, que trouvez-vous dans cette pratique qui serve votre propos et votre intention en tant que performeuses?

floZif: Le kinbaku est avant tout ma passion, un parcours de vie très personnel et une nouvelle forme de corps à corps. Dans empreintE, les figures et la suspension dévoilent peu à peu des sensations et un état émotionnel. Le lâcher-prise, le don, la confiance se révèlent lentement à travers mes attaches et quand je détache les traces sur la peau, les empreintes restent comme les marques d’un rituel encordé.

Solstix: Le kinbaku, même s’il est codé et technique est un art de la présence absolue à la sensation, à l’écoute. Mon travail de performeuse est donc d’en accepter l’expérience, en direct, dans l’instant véritablement organique, et de jouer avec cette idée de représentation qui passe par une sensation corporelle intense dans les cordes.

Vous avez toutes les deux des parcours artistiques différents, qu’est-ce qui vous complète et qui rend cette performance possible?

Solstix: Le possible est né du désir. J’ai eu envie de passer à la mise en grâce de cette passion commune du kinbaku. Il y avait un désir de créer cette recherche autour d’une poétique organique des corps, liée aux cordes, dans notre rencontre.

floZif: Pour ma part, j’ai surtout joué dans des films. Cette performance est une nouvelle aventure, un vrai défi. C’est la première fois que je fais des cordes sur scène et je n’aurais pas osé sans l’envie créatrice de Solstix. Ce qui nous rapproche avant tout, c’est la force qui émane du kinbaku quand nous sommes ensemble. Et aucun rôle ne s’impose même quand j’attache, c’est un va-et-vient. Il est aussi tellement rare de voir deux filles/ genderfluid ensemble dans les cordes, jouer sur l’androgynie, la puissance, la douceur et la lenteur du geste.

empreinte flozif solstyx 2 aude arago

empreintE
de et avec floZif et Solstix
le 15 septembre à 21h (soirée d’ouverture)
au Cirque électrique