Le site Actu-Gay devrait bientôt ne plus exister. C’est ce qu’a annoncé à Yagg son fondateur, Olivier Seudre, qui l’avait lancé en mai 2010. Il explique pourquoi il a du prendre cette décision.

«Actu-Gay est devenue mon activité unique et je vis des minima sociaux depuis trois ans», confie Oliver Seudre à Yagg. Ce site, qui recense les événements festifs et associatifs, en France mais aussi à l’international, réunissait, selon son fondateur, environ 50 000 visiteurs uniques par mois, ce qui n’est pas négligeable. Mais la rentabilité n’a jamais été au rendez-vous.

2000 ÉTABLISSEMENTS RÉFERENCÉS
Fondé sur une prise d’abonnement par les établissements, à 80 euros l’année, l’offre n’a pas pu se développer, au delà d’un petit cercle d’établissements, une soixantaine selon Olivier Seudre. «Pour certains, j’étais trop cher, pour d’autres, je ne l’étais pas assez et je ne faisais pas sérieux.» Le site référençait cependant gratuitement environ 2000 établissements.

Olivier affirme qu’il passe ces derniers temps entre 14 et 16 heures sur le site chaque jour et au fil des années, ses autres activités, notamment de consultant, se sont arrêtées.

Olivier critique le manque de solidarité de la communauté et des établissements. «Certains organisateurs de soirée me demandaient de leur offrir gratuitement des espaces pub, prétextant un manque de moyens. Mais je voyais ensuite sur Facebook qu’ils prenaient l’avion en première classe…»

Olivier Seudre: «Certains organisateurs de soirée me demandaient de leur offrir gratuitement des espaces pub, prétextant un manque de moyens. Mais je voyais ensuite sur Facebook qu’ils prenaient l’avion en première classe…»

Olivier dit qu’il préfère arrêter pour se préserver et pour passer à autre chose. Il souhaite notamment reprendre ses activités de consultant informatique et lancer d’autres projets.

PAS DE REGRET
Dans un courrier qu’il va adresser aux établissements et partenaires d’Actu-Gay, il explique ne pas avoir de regret: «Je n’éprouve aucun regret d’avoir consacré ces six années à la vie et au développement de ces services. Certains y verront peut-être une démission. D’autres (des mauvaises…) railleront l’échec que cet arrêt représente à leurs yeux. Pour ma part, je vais garder en mémoire la somme considérable de nouveaux contacts noués, le nombre d’heures impressionnant passé à m’arracher les cheveux lors du développement des versions successives du site, la quantité de litres de café absorbés pour rester éveillé lors des nuits de travail.»

Olivier affirme qu’il a, à travers cette activité, pris conscience de la diversité de la communauté LGBT: «Elle est une et multiple. Mais je regrette le manque de solidarité. On se gargarise des combats gagnés, le mariage pour tous, mais l’homophobie demeure très forte et l’intolérance ne va pas disparaître. Les associations, comme les établissements, sont à la peine. Si nous ne réagissons pas collectivement et fortement, nous risquons un retour de bâton.»

Si rien ne se passe, la fermeture définitive du site est prévue pour le 31 décembre prochain.