Il n’aura fallu que 90 minutes au jury réuni à la Fulton County Superior Court d’Atlanta, États-Unis, pour confirmer mercredi après-midi 8 des 10 chefs d’accusation présentés à l’encontre de Martin Blackwell —dont «violence aggravée» et «tentative de meurtre» — suite à l’agression d’un couple gay.

Les faits remontent au 12 février dernier. Martin Blackwell, qui sortait alors avec la mère de l’une des victimes, Gooden, était rentré au beau milieu de la nuit dans la chambre de ce dernier — le fils et la mère vivant en colocation dans le même appartement — alors qu’il dormait paisiblement avec son compagnon de l’époque, Tolbert.

Martin Blackwell avait alors chaviré une énorme casserole d’eau bouillante sur le jeune couple, leur infligeant de multiples brûlures graves. Les deux jeunes, qui ont subi depuis de nombreuses greffes cutanées, ont passé respectivement 10 jours à l’hôpital pour Tolbert, et plus d’un mois pour Gooden, dont 2 semaines sous coma artificiel.

POUR LA DEFENSE, UN ACTE «IRREFLECHI» ET «IRRESPECTUEUX»
Pour l’avocat de la défense, l’acte de son client, certes «irréfléchi» et «irrespectueux», n’était pas prémédité.

L’assistante du Procureur Fani Willis a, au contraire, démontré lors de son argumentaire la volonté bien présente de Martin Blackwell de blesser les deux jeunes, rappelant notamment  que Martin Blackwell avait tout le temps nécessaire pour réfléchir à la portée de son acte alors qu’il cherchait dans la cuisine le plus gros récipiendaire disponible, tout en faisant bouillir de l’eau avant de l’en remplir. Et de conclure en rappelant : «Vous n’avez pas le droit de blesser quelqu’un parce que vous n’aimez pas la façon dont cet individu vit sa vie.»

Blackwell, qui a refusé de témoigner lors du procès, est resté impassible lors de l’annonce de sa peine.

Lors de son arrestation, il avait notamment expliqué à la police : «ils étaient collés l’un à l’autre comme deux hotdogs, alors je leur ai versé un peu d’eau chaude dessus pour les aider à se décoller.»