Une enquête menée par l’Associated Press (AP) révèle la publication par le site Wikileaks de milliers de données privées de Saoudiens.

Entre autres, ont été publiés sans aucun tri des fichiers médicaux et données personnelles très sensibles, dont l’identité de deux adolescentes victimes de viol et de personnes atteintes du VIH.

Le site lanceur d’alerte a aussi dévoilé l’identité d’un Saoudien arrêté pour «déviance sexuelle,» terme péjoratif synonyme d’homosexualité. Cette révélation a été qualifiée par le militant LGBT Scott Long d’«inadmissible.» Ce dernier a par ailleurs rajouté à l’intention du site internet : «Vous légitimez leur surveillance [contre les personnes LGBT], et non la combattez.»

L’Associated Press s’étonne aussi que le site ait publié de telles informations, lorsqu’on sait qu’en Arabie Saoudite «l’homosexualité peut mener à l’isolement social, une peine de prison voire même la mort.»

Le fondateur de Wikileaks, Julien Assange, réfugié dans l’ambassade d’Equateur à Londres depuis 2012, n’a pas souhaité s’exprimer sur le sujet.

Un tweet a néanmoins été publié sur leur compte officiel, indiquant que le site n’avait ni outé des personnes LGBT, ni révélé leur identité au gouvernement saoudien. Ces données, qui dataient de 2015, proviendraient à l’origine de ce dernier.

L’Arabie Saoudite fait partie des 10 pays à toujours condamner l’homosexualité de la peine de mort. Son accession à la tête de la commission consultative du Conseil des droits humains de l’ONU l’année dernière avait fait couler beaucoup d’encre.