Donald Trump l’a annoncé lundi dernier : s’il est élu président, il mettra en place des «tests de dépistage idéologiques» à l’intention des personnes souhaitant s’installer aux Etats-Unis. L’objectif ? Stopper les terroristes aux frontières, mettre un terme à la menace de l’islam radical, et n’accueillir que «ceux qui partagent nos valeurs et nous respectent.»

Le journaliste américain Jordan Klepper de l’émission TV Daily Show s’est déplacé à un rallye républicain cette semaine pour voir un peu ce que pensaient les sympathisants du magnat des affaires de ces tests, et si eux-mêmes les réussiraient. Le verdict, jonché de contradictions, est hilarant, bien qu’affligeant :

À l’effigie de cette sympathisante affirmant l’importance du respect de toutes les religions, mais qui lorsque le journaliste lui demande si elle respecte par conséquent tout autant le Christianisme, le Judaïsme et l’Islam, répond par l’affirmative aux deux premiers tout en attribuant un «non» catégorique et sans équivoque au dernier.

Concernant l’égalité des sexes, si être Président, selon une autre supportrice, est avant tout un métier d’homme, c’est parce qu’«une femme a plus d’hormones. Elle pourrait déclencher une guerre en dix secondes.» Malaise et rire gêné lorsque Jordan Klepper lui demande en retour si ce ne sont pas des hommes qui auraient par hasard déclenché toutes les guerres passées.

Mais la palme d’or revient à ce supporter des plus guillerets, très critique vis-à-vis de ces «nations extrémistes» qui «ne traitent pas les femmes avec respect», mais qui aborde avec fierté un t-shirt avec écrit sur le devant «Hillary sucks, but not like Monica» (jeu de mots avec le double sens de « suck » (1) être nul à quelque chose, (2) sucer et l’ancienne maîtresse de Bill Clinton) et dans le dos le slogan non-officiel «Trump that bitch!»

La question de l’avancée des droits LGBT n’est pas épargnée non plus, à l’image de cet homme quinquagénaire tout de carreaux vêtu à qui le journaliste demande de compléter la phrase suivante «Deux hommes qui se marient est… ?» Pour lui, la réponse est «dégoutant». Désaccord avec le journaliste qui, en relisant ses notes, s’attendait, il semblerait, à la réponse «légal aux Etats-Unis.»

Les supporters du candidat républicain ne seraient pas les seuls à ne pas réussir ces tests s’ils étaient mis en place. Pour preuve, la vidéo publiée en début de semaine sur le compte Twitter de la candidate démocrate Hillary Clinton, qui montre pourquoi Trump, à travers ses propres propos éructés tout le long de la campagne présidentielle, «échouerait» lui aussi, et ce lamentablement :