C’est à l’université de la ville de Youngstown (Ohio) que Donald Trump a annoncé lundi dernier les moyens qu’il mobiliserait une fois élu Président des États-Unis pour lutter contre le «terrorisme islamiste radical», et en particulier Daesh.

Dans son discours intitulé Comprendre la menace: l’Islam Radical et l’âge de la terreur, le candidat républicain a signalé sa volonté de mettre en place des mesures «extrêmes» pour lutter contre le terrorisme, et en particulier des «tests de dépistage idéologiques» (extreme vetting) que devront passer les personnes souhaitant s’installer aux Etats-Unis.

Ces «tests de dépistage idéologiques», inspirés de ceux mis en place pendant la Guerre Froide, permettraient de confirmer si l’individu interrogé partage les valeurs promulguées par la Constitution des États-Unis, à la fois en matière de liberté religieuse, de tolérance, mais aussi d’égalité des droits des personnes LGBT.

Donald Trump n’hésite pas, par ailleurs, à s’attaquer à sa rivale démocrate, Hillary Clinton, qu’il accuse d’avoir «accepté des financements de plusieurs millions de dollars de pays dans lesquels l’homosexualité est un crime.»

Le fait que le magnat des affaires se positionne en défenseur de l’égalité des droits peut surprendre. Car même si ce dernier a affirmé vouloir se «battre pour la communauté LGBT» dans un tweet publié le lendemain de la tuerie d’Orlando, la réalité est loin d’être aussi lisse:

Pour cela, il suffit de se rappeler sa vive réaction contre l’ouverture du mariage aux couples de même sexe, en février dernier, sur le plateau télévisé de Chris Wallace. Mais c’est surtout le choix de son colistier en juillet dernier qui illustre l’ambiguïté inhérente à la figure politique américaine. Mike Pence (lire notre enquête à ce sujet), proche de la droite chrétienne, est un farouche opposant à l’avancée des droits LGBT. En effet, après s’être opposé en 2010 à l’abrogation du «Don’t ask, don’t tell», loi qui interdisait aux soldats LGBT de l’armée américaine de faire leur coming-out, le gouverneur de l’Indiana a fait passer dans son état l’année dernière une loi permettant à toute personne de refuser un service ou une prestation à une personne LGBT si elle considère que cela va à l’encontre de ses principes religieux.

Hillary Clinton a rapidement réagi aux propos du candidat républicain, en publiant sur twitter une vidéo montrant point par point, à partir des récents propos (racistes, homophobes et misogynes) tenus par ce dernier, les raisons pour lesquelles, s’il était amené à passer le test, Donald Trump lui-même «échouerait»: