François Fillon a exprimé lundi matin sa volonté de «réécrire la loi Taubira et de refonder notre politique familiale,» dans un tweet accompagné d’un lien vers son site officiel. Il y énumère ses propositions pour remettre la famille «au cœur du pacte républicain,» tout en s’attaquant aux politiques familiales adoptées sous le quinquennat de François Hollande. En ligne de mire: la PMA, la GPA et l’adoption plénière.

MAINTENIR LE MARIAGE, RÉEXAMINER LA FILIATION, INTERDIRE LA PMA ET LA GPA
C’est lors de son déplacement à l’Abbaye de Solesmes pour l’Assomption que le candidat à la primaire de droite a rappelé l’importance, selon lui, de refondre la politique familiale française, ainsi que sa farouche opposition à la PMA et à la GPA.

Le mariage entre personnes de même sexe est quant à lui épargné. La figure politique sarthoise concède en effet qu’il n’est «ni opportun, ni souhaitable de rouvrir un débat mal engagé en 2012 par le pouvoir actuel et qui a eu pour effet de fracturer la société française.» Néanmoins, si l’abrogation de ce dernier n’est pas envisagée, il préconise toutefois une réexamination de la loi ouvrant le mariage aux couples de même sexe afin que «la filiation ne [puisse] être établie de manière exclusive qu’à l’égard de deux parents de sexes différents.» Ici, c’est l’adoption plénière qui est visée. En effet, pour François Fillon, «la filiation au sens biologique du terme, à l’égard d’un père et d’une mère, ne doit donc plus pouvoir être effacée par une adoption plénière.»

C’est contre la PMA et la GPA que François Fillon se montre le plus virulent, la première devant rester «interdite aux couples de femmes et aux femmes seules», la seconde devant rester interdite à tous les couples. Il propose à ce sujet un renforcement des «sanctions pénales sur le recours ou la promotion de la GPA» et ce au niveau international.

LE 15 AOÛT, UNE DATE SYMBOLIQUE
Qu’un candidat à la primaire de la droite s’exprime à trois mois du scrutin, et ce à l’Assomption, est loin d’être anodin. C’est en effet la communauté catholique que François Fillon vise à séduire:

Il n’a pas été le seul à caresser dans le sens du poil cette partie de la population, encore meurtrie par l’assassinat le 26 juillet dernier du prêtre Jacques Hamel à Saint-Etienne-du-Rouvray (Rouen), à l’instar des hommages rendus sur les réseaux sociaux par ses rivaux Alain Juppé et Nicolas Sarkozy:

Mais si la dimension symbolique du 15 août est religieuse, elle est aussi politique. C’est en effet le 15 août 2012, trois mois avant la présentation du projet de loi sur le mariage pour tous en Conseil des ministres, que le Cardinal André Vingt-Trois, dans sa très controversée Prière à la France, a appelé à ce que les enfants «cessent d’être les objets des désirs et des conflits des adultes pour bénéficier pleinement de l’amour d’un père et d’une mère.»

Des propos qui ont préparé le terrain à la mobilisation des militant.e.s de la «Manif Pour Tous» quelques mois plus tard, et qui, rappelons-le, ont publié la semaine dernière un appel à manifester le 16 octobre prochain… pour justement rappeler leur opposition à la PMA, à la GPA, ainsi qu’au changement d’état civil libre et gratuit.

François Fillon a toujours été opposé à l’avancée des droits des personnes LGBT (lire notre enquête à ce sujet): d’abord opposé en 1982 à la dépénalisation de l’homosexualité, il a notamment voté contre l’adoption du pacs en 1999.