Hier soir la police a brutalement interrompu une soirée de la Pride Ouganda 2016, qui se tenait au club Venom, de Kampala, et arrêté les participant.e.s. Lors de cet événement, on devait élire Mister, Miss et Mx Pride Ouganda. Tout se déroulait dans une ambiance bon enfant, comme en témoigne la vidéo ci-dessous.

Vers 23 heures (heure locale), les organisateurs ont annoncé que la police avait fait irruption dans la soirée, considérée comme « illégale ». On peut voir l’arrivée des policiers dans la vidéo ci-dessous:

Parmi les personnes dans l’assistance, le Docteur Frank Mugisha a signalé qu’il avait été arrêté.

Selon Pride Ouganda, ce sont seize personnes en tout qui ont été arrêtées. Elles ont été relâchées vers 1h20, sans qu’aucune charge soit retenue contre elles. Les autres ont été retenues sur place pendant trois heures.

LA POLICE S’INTERESSAIT PARTICULIEREMENT AUX PERSONNES TRANS
Contacté par Yagg, Kamoga Hassan, organisateur du festival du Queer Kampala Film Festival, raconte:

« Beaucoup de ceux qui étaient habillés dans des habits qui ne correspondaient pas à leur genre ont été arrêtés, ainsi que plusieurs des organisateurs.

Il y avait beaucoup d’invités européens et américains à l’événement. La police s’en est pris à ceux qui utilisaient leur téléphone ou ont essayé de prendre des photos. Quelques étrangers ont été arrêtés. La police s’intéressait aux personnes trans, qui ont été frappées, et j’ai entendu quelqu’un dire à tout le monde que ceux qui étaient travestis de se changer le plus vite possible.

La police nous a encerclés et nous a forcé à rester dans un tout petit espace, assis par terre. Nous étions 300. Quelques uns d’entre nous étaient en détresse et avaient besoin d’aller aux toilettes, la police a refusé. La plupart d’entre nous sommes restés calmes, mais la police nous a pris des photos de nous, en criant et en humiliant les gens. »

Dans la panique, certains ont essayé de s’enfuir en passant par les fenêtres. Un jeune homme s’est sérieusement blessé après avoir sauté du quatrième étage de l’immeuble pour échapper aux forces de l’ordre ougandaises. Les personnes arrêtées ont été relâchées après quelques heures.

Selon la militante Jacqueline Kasha, qui n’était pas sur place, mais qui suit les événements de très près (c’est entre autres sa compagne qui organise la Pride Ouganda 2016), la police aurait également photographié toutes les plaques minéralogiques des voitures garées devant l’immeuble.

Dans son communiqué, Pride Ouganda s’insurge contre cette répression:

«La police prétend qu’on lui avait dit qu’il s’agissait d’un mariage gay et que la célébration était illégale parce qu’elle n’avait pas été prévenue (la police avait été prévenue et les deux précédents événements de la pride s’étaient déroulés sans problème).»