C’est par le biais d’un courrier anonyme, reçu en mai, que l’archevêque de Dublin, Diarmuid Martin, a appris la nouvelle: des séminaristes, élèves et professeurs, du collège pontifical Saint-Patrick de Maynooth aurait eu des relations sexuelles entre eux, en passant notamment par l’application de rencontre Grindr.

UNE «CULTURE GAY» DANS LE COLLEGE PONTIFICAL
Après la diffusion de l’information sur les réseaux sociaux, l’archevêque du plus grand diocèse catholique d’Irlande a réagi, ce mardi 2 août sur la chaine nationale irlandaise, la RTE. Il a pris la décision de renvoyer trois de ces séminaristes vers le collège irlandais de Rome. Il justifie son choix par  «l’atmosphère querelleuse» qui règne dans ce séminaire depuis la connaissance du caractère anonyme de la lettre dénonciatrice. «La culture des lettres anonymes est toxique, et jusqu’à ce que cette affaire s’éclaircisse je serais plus heureux d’envoyer mes étudiants ailleurs» a-t-il ajouté.

Il a également annoncé qu’il n’enverrait plus, «pour le moment», de séminariste se former au séminaire Saint Patrick de Maynooth.

L’archevêque déplore la prolifération de la «culture gay» dans le collège pontifical et décrit l’utilisation de l’application Grindr comme complètement «inappropriée» à l’enseignement dispensé dans le collège. «Pas seulement parce qu’ils se forment au célibat, mais aussi parce qu’une telle application nourrit la promiscuité sexuelle, ce qui ne correspond pas à la vision mature de la sexualité que l’on attend des prêtres», a-t-il ajouté.

L’archevêque en a profité pour donner son point de vue sur l’enseignement actuel du sacerdoce catholique. Il souhaiterait que cette formation ait lieu hors «du monde étrange et fermé des séminaires».

UN SEMINAIRE PAS ETRANGER AUX SCANDALES SEXUELS
Le séminaire de Saint-Patrick de Maynooth a déjà été éclaboussé par le scandale «des abus sexuels couverts par la hiérarchie irlandaise pendant plusieurs décennies», rapporte La Croix. Une visite apostolique avait eu lieu en 2010, conduite par l’archevêque de New-York, à la demande de Rome. «Les conclusions de l’enquête n’avaient pas été rendues publiques, mais parmi les recommandations figurait l’appel adressé aux évêques à renforcer leur supervision»

Plus récemment, ces derniers jours, The Independant révèle qu’un ancien séminariste aurait déposé plainte pour des faits de harcèlement sexuel à Saint-Patrick commis entre 2007 et 2009.