La ville de Cracovie accueille actuellement les JMJ (Journée Mondial de la Jeunesse), jusqu’au 31 juillet. Pour la première fois, un espace est mis en place pour accueillir les croyant.e.s LGBT en marge de l’événement, par l’organisation polonaise LGBT Wiara i Tęcza (Arc-en-ciel et foi).

Le Plus du Nouvel Obs a recueilli le témoignage d’un jeune russe de 32 ans, Misha, qui confie que pour la première fois, il ne ressent plus la honte d’être homosexuel, ni le besoin de se cacher.

Il raconte que son chemin vers l’acceptation a été très long. Il dit avoir « commencé à douter » quand il avait 10 ans. « Plus jeune, j’ai pensé, un moment, que j’avais remporté le combat que je menais contre moi-même. Je me suis marié et j’ai eu une fille. Ça a duré six ans. Mais non, je n’y arrivais pas. »

Aujourd’hui, il a divorcé et est couple avec un homme, avec lequel il s’était déjà rendu aux JMJ de Madrid. Ils n’assumaient pas alors leur orientation sexuelle: « nous préférions cacher notre relation et rester discrets ».

Aujourd’hui, à Cracovie, ce n’est plus le cas, Misha n’a plus peur de marcher dans la rue, en tenant la main de son compagnon. « Le changement qui s’opère dans les mentalités est lent, mais positif.  Si une partie de la communauté chrétienne campe toujours sur ses positions, l’autre évolue, jusque dans les plus hautes sphères de l’Église […] Et dans la rue, les gens se montrent intéressés, même s’ils ont du mal à accepter ce que nous sommes. »

Tout ceci grâce, selon lui, aux discours du pape François qui se veut être des preuves de l’ouverture d’esprit de l’institution catholique. « Le ton et les mots qu’il utilise vis-à-vis de nous sont différents. En prononçant récemment plusieurs phrases fortes –  « Qui sommes-nous pour juger ? » ; « L’Église devrait demander pardon aux homosexuels » –  il n’a peut-être pas changé les enseignements ecclésiastiques, mais il a fait évoluer la façon dont les croyants nous regardent et parlent de nous, et nous lui en sommes reconnaissants. »

Cependant, Misha reste lucide sur le positionnement de l’Eglise et dénonce une certaine contradiction dans le discours des religieux « L’Église est pleine de contradictions. Lorsqu’elle critique un gay, elle dit : « Tu n’es pas né comme cela, c’est un choix, et tu dois faire le bon. » Quand elle s’adresse à un trans qui estime qu’il est une erreur de la nature et veut la corriger par choix, elle lui dit : « Non, tu dois rester tel que la nature t’as fait. »

Le combat des LGBT catholiques n’est pas fini, Misha en a conscience, la route est encore longue jusqu’à leur acceptation complète par la communauté chrétienne, mais il ne perd pas espoir. Cet homme russe, gay de 32 ans, n’est pas près d’abandonner « Nous faisons partie de l’Église et luttons pour y avoir notre place. Il est temps qu’en retour, elle fasse, elle aussi, un effort pour nous entendre. »

Un témoignage à retrouver ici.