Les violences faites aux personnes trans continuent à faire des ravages partout dans le monde. Alors qu’en 2014, on dénombrait 226 personnes trans tuées dans le monde, le village de Biloxti, dans le Mississippi a été marqué par le meurtre de Dee Whigham, une femme trans et noire, samedi 23 juillet.

La défunte était âgée de 25 ans, et était connue pour être une infirmière prometteuse. C’est la police qui a retrouvé son corps, poignardé, dans un hôtel à proximité de la ville, où elle séjournait avec des amis.

UN MARIN DE LA NAVY INTERPELLÉ
Le shérif du comté de Jackson a interpellé lundi Dwanya Hickerson, une recrue de la marine américaine, originaire de la Nouvelle Orléans, accusé d’être le meurtrier. D’après les caméras de surveillance, il est sorti de l’hôtel après l’heure du décès de la jeune infirmière.

L’homme est actuellement retenu en détention sans caution. Il est accusé de meurtre, mais aussi de vol. Cependant, la police n’a pas révélé la nature du vol. S’il est reconnu coupable, il risque la peine capitale.

La nature du crime n’a pas été révélée par les forces de l’ordre. On ignore pour l’instant s’il s’agit d’un crime haineux, transphobe, ou de toute autre nature. Au Mississippi, aux yeux de la loi, s’il s’agit d’un crime motivé par l’identité de genre de la victime, il ne sera pas reconnu comme « crime de haine ». Aujourd’hui, seuls 17 états aux Etats-Unis ont légiféré sur une telle appellation pour les crimes transphobes. Cependant, si le crime au motif de la transphobie était retenu contre lui, il passerait sous le jugement de loi fédérale assimilant crime haineux et crime dû a l’identité de genre, promulgué par le président Obama en 2012.

UNE DES ANNEES LES PLUS MEURTRIERES POUR LES PERSONNES TRANS
Après ce dernier assassinat, le triste compteur des trans assassinées aux Etats-Unis cette année est passé à 16. Il y en avait eu 23 en 2013, 14 en 2014 et 19 en 2015. Des chiffres probablement plus bas que la réalité. Ils ne prennent pas en compte les meurtres non signalés, ni ceux passés inaperçus, par manque de communication de la part des médias et de la police.

Parmi les victimes de ces actes haineux recensés ces trois dernières années, la majorité sont noires, en plus d’être trans. Le croisement du racisme, de la transphobie et de la transmisogynie, associée à la discrimination enracinée contre, à la fois, les personnes trans et les personnes de couleur, rend les femmes trans noires particulièrement vulnérables à toute cette violence.