Le tweet a été supprimé, mais l’indignation est elle, toujours palpable sur les réseaux sociaux. Lors de l’homélie de ce mercredi 27 juillet à la cathédrale Notre-Dame de Paris, pour les victimes de l’attentat de l’église de Saint-Etienne du Rouvray, le cardinal André Vingt-Trois a dénoncé le «silence des élites devant les déviances des mœurs et légalisation des déviances».

 

tweet homélie andré vingt trois

Alors que le hashtag «#JesuisDeviant» commence à fleurir sur Twitter, des militant.e.s LGBT et féministes ont dénoncé cette attaque directe à la communauté LGBT que le cardinal semble tenir pour responsable du climat actuel:

Côté politiques, si certain.e.s élu.e.s ne semblent pas avoir prêté attention à ce passage de l’homélie, d’autres n’ont pas manqué de signaler avec indignation cette allusion au mariage pour tous:

D’autres personnalités comme le journaliste Joseph Macé-Scaron ou l’auteure Tatiana de Rosnay ont aussi réagi:

Tweeté depuis le compte du cardinal, le passage a finalement été supprimé sans commentaires. Auprès du Huffington Post, le diocèse de Paris joue la carte de «l’apaisement» en précisant tout de même que le cardinal «assume parfaitement ce passage comme l’intégralité de ses propos»: «En aucun cas, il ne voulait cibler une mesure en particulier, surtout pas le mariage pour les couples homosexuels. Il ciblait plutôt l’ensemble des évolutions sur la bioéthique, la fin de vie, la gestation.»

Des excuses peu convaincantes, quand on sait que les questions de bioéthique sont invoquées pour s’opposer à l’ouverture de la PMA pour les couples de femmes et les femmes célibataires et que tout comme pour la gestation pour autrui (GPA), ces deux sujets ont servi d’arguments à l’Église pour s’opposer au mariage pour tous.

Sans oublier que le cardinal André Vingt-Trois est l’une des personnalités religieuses les plus virulentes pendant les débats de 2012-2013 et que sa voix parmi les opposant.e.s à la loi a résonné à de nombreuses reprises, notamment en audition à l’Assemblée nationale. En avril 2013, à l’approche du vote final des député.e.s, il avait appelé les chrétien.ne.s à maintenir leur opposition à la loi et mis en garde sur ses conséquences par ces mots: «C’est ainsi que se prépare une société de violence».