Les entrepreneur.se.s de startups issu.e.s de la communauté LGBT doivent faire face à plus de discrimination, ce qui a un impact sur leur lieu d’implantation, leur capacité à lever des capitaux et la façon dont ils établissent une relation de confiance avec les investisseurs. C’est la principale conclusion d’une enquête menée à grande échelle par l’association StartOut. Cette étude, financée par Crédit Suisse, et conduite par un professeur de l’Université de Chicago, ainsi que des membres de Startout, est la première du genre.

Parmi les principales informations recueillies, on trouve ce chiffre très parlant: 37% des entrepreneurs LGBT financés ou en recherche de financement ne sont pas out vis-à-vis de leurs investisseurs. La moitié des entrepreneur.es.s interrogé.e.s explique que ce n’était pas pertinent d’être out. Mais pour 12%, la raison était la crainte d’être discriminé.e.s.

Les États qui discriminent les LGBT sont perdants. Selon cette étude, plus d’un millions d’emplois créés par les entrepreneur.se.s LGBT ont quitté les États discriminatoires en faveur d’États inclusifs. Parmi les entrepreneur.se.s LGBT , 78% se sont installé.e.s en Californie, dans l’état de New York et dans l’Illinois.

DISCRIMINATION DISTINCTE POUR LES LESBIENNES
Les femmes lesbiennes entrepreneuses font face à une discrimination distincte. Douze pour cent des entreprises appartenant à des hommes gays, bis et trans (GBT) ont des revenus de plus de 5 millions de dollars, contre 3% de celles appartenant à des femmes lesbiennes, bies ou trans (LBT). Plus des deux-tiers des créatrices de startups LBT ont levé moins de 750.000 dollars de financement pour leur entreprise quand 47% des fondateurs GBT ont recueilli plus de deux millions de dollars.

D’après l’auteur de l’étude, Waverly Deutsch, «il semble politiquement correct de dire que celle ou celui qu’on aime n’est pas une information pertinente dans les affaires, mais notre recherche démontre le contraire». Cette étude semble en effet indiquer que les entrepreneur.se.s LGBT font des choix influencés par leur orientation sexuelle ou leur identité de genre, notamment en s’implantant dans des états favorables à la diversité. Selon Waverly Deutsch, «[ils et elles] doivent mesurer le risque de l’homophobie et de la discrimination avec l’instauration de relations authentiques avec leurs investisseurs, leurs clients et leurs partenaires».

Cette étude fait partie du travail d’information et de plaidoyer de l’association StartOut, qui veut s’appuyer sur des faits et sur des preuves pour mieux appréhender l’entreprenariat LGBT et pour mieux accompagner ses membres. Depuis sa création en 2009, StartOut a organisé plus de 200 événements regroupant 14000 participant.e.s et elle est présente à Austin, Boston, New York, Chicago, Los Angeles et San Francisco.