Le traitement préventif ou PrEP est déjà disponible auprès de certains centres hospitaliers, et bientôt dans des centres de dépistage et de prise en charge, pour prévenir le risque d’infection chez les personnes séronégatives au VIH. Depuis Durban, en Afrique du Sud, où se tient la 21e Conférence internationale sur le sida, l’annonce d’aujourd’hui va conforter les défenseurs de cette nouvelle option dans la palette d’outils de prévention (qui comprend notamment le dépistage régulier et les préservatifs).

L’Agence nationale de recherches sur le sida a communiqué les résultats finaux de l’essai ANRS IPERGAY qui confirme la «très haute efficacité de la PrEP à la demande». Ce sont les résultats définitifs de l’essai, dans sa dernière phase (dite « en ouvert »), qui sont présentés en communication orale par le Pr Jean-Michel Molina, Hôpital Saint-Louis (AP-HP), Université Paris Diderot. Ils sont complétés d’une analyse des comportements sexuels, qui seront également présentés à Durban par le Dr Bruno Spire (lnserm U912-Sesstim, Marseille, ancien président de Aides).

UNE SEULE PERSONNE INFECTÉE
Parmi les 362 volontaires (333 ayant participé à la phase randomisée + 29 nouvelles recrues) qui ont été suivis entre novembre 2014 et juin 2016, les résultats présentés aujourd’hui sont encore plus spectaculaires que ceux de la première phase: une seule personne, qui avait en fait interrompu la PrEP, a été infectée par le VIH dans la phase « en ouvert ». «Les résultats de la phase de l’essai « en ouvert » confirment la très bonne efficacité et la très bonne tolérance de la PrEP à la demande pour prévenir le risque d’infection chez des HSH à haut risque. Ces résultats devraient favoriser une plus large utilisation de la PrEP dans les populations à risque, dans les pays où la situation de l’épidémie le justifie», déclare le Pr Molina. Pour le Pr Jean-François Delfraissy, directeur de l’ANRS, qui salue la décision française d’avoir autorisé (avec une recommandation temporaire d’utilisation, RTU), fin 2015, la PrEP et son remboursement, «la question n’est plus aujourd’hui de savoir si la PrEP est efficace et doit être utilisée, mais comment la mettre rapidement à disposition des personnes les plus à risque».

Aujourd’hui la stratégie privilégie le concept de prévention diversifiée: offrir aux personnes séronégatives toute une palette d’outils, comprenant le préservatif, incitant au dépistage régulier et pour les personnes séropositives, le recours immédiat au traitement puisqu’on sait qu’une personne traitée efficacement ne transmet plus le VIH.

UN VASTE PROGRAMME DE RECHERCHE
Pour prolonger ces résultats, et voir si ceux constatés chez les Hommes ayant des relations sexuelles avec les hommes (HSH) se retrouvent dans d’autres populations, un vaste programme de recherche, ANRS PREVENIR, évaluera la PrEP à grande échelle en Ile-de-France à partir de fin 2016. Il s’agit d’une recherche dite opérationnelle qui sera menée en Ile-de-France auprès d’environ 3000 personnes à haut risque d’infection par le VIH (HSH, personnes transgenres, et personnes migrantes principalement). Le projet ANRS PREVENIR vise à réduire le nombre de nouvelles infections par le VIH, et mesurera le bénéfice d’un accompagnement communautaire sur l’observance et le maintien des participant.e.s dans la PrEP à long terme.