Yagg vous avait annoncé vendredi 15 juillet que les marches de Montpellier et de Marseille avaient dû être annulées pour des raisons de sécurité, de responsabilité et de respect du deuil national. Cette décision avait été prise par les organisateurs après le terrible attentat du 14 juillet à Nice. En effet les marches des deux villes du sud étaient prévues pour se tenir samedi 16 juillet, deux jours après l’attentat de Nice. Quelques jours plus tard, où en est la réflexion sur la possibilité de report de ces marches? Réponse avec les associations organisatrices.

L’annulation de la marche montpelliéraine a des répercussions lourdes pour le chef-lieu du département de l’Hérault. Le combat pour les droits et pour la visibilité de la communauté LGBT, et en particulier celle des personnes trans qui étaient mise à l’honneur, marque le pas. L’annulation prive également l’association organisatrice, Fierté Montpellier, d’un apport financier essentiel pour conduire ses actions au cours de l’année. Contacté par Yagg, Vincent Boileau-Autin, président de Fierté Montpellier-Tignes Pride, précise les choses:

« Le budget annuel de l’association est d’environ 150 000 euros par an. Cette somme comprend le coût de la Marche des fiertés, environ 100 000 euros, mais également le fonctionnement de l’association. À l’inverse d’autres associations, nous sommes beaucoup plus indépendants. Ainsi, nous possédons nos propres locaux qu’on a mutualisé à plus de 40 associations. »

Ce budget important est financé à… 3 à 5% par l’Etat, c’est-à-dire 6500€. Une autre partie est récoltée par des dons et les adhésions. Enfin, le gros des fonds vient des collectes liées à la Marche des Fiertés. « Cette collecte nous est essentielle pour la survie de l’association, affirme Vincent Boileau-Autin. Nous nous sommes beaucoup développés ces dix dernières années et nous menons de nombreuses actions, par exemple on a un pôle trans, un pôle juridique, un centre de dépistage et on fait également des campagnes de prévention ».

Chaque année donc, après la marche a lieu une collecte de fonds. Cette année il n’y a pas eu de marche, et donc pas de récolte de fonds qui devait avoir lieu au Zenith-Sud.

C’est pour cela que l’association a lancé un appel à dons. Celui-ci aura deux buts, comme nous l’explique le président:

« Tout d’abord, cet appel à dons va nous permettre de régler les dépenses effectuées pour cette Pride. Cet argent permettra également dans un second temps de pouvoir fait vivre l’association. Enfin si on le peut, on souhaiterait reporter la marche des fiertés après l’été. En effet nous n’envisageons pas Montpellier sans une 22eme édition de la Marche des Fiertés. »

Par ailleurs cette année était importante pour Montpellier car en octobre 2016 la ville reçoit le congrès mondial des Gay Pride mais également le congrès européen des Gay Pride. C’est avec fierté que Vincent Boileau-Autin nous en dit plus. « C’est la première fois que les deux instances sont réunies en même temps, et c’est également la première fois que le congrès mondial se déroulent en France. Notre candidature avait été plébiscité à 93% ». L’annulation de la marche, pour l’instant, à Montpellier a donc un goût très amer. Actuellement l’association a déjà reçu de nombreux dons, surtout provenant de l’international. Ainsi la Pride de Montréal, qui se déroulera dans trois semaines, a donné $5000. Malgré cette annulation cela n’a pas empêché des citoyens de se réunir dimanche pour déposer une gerbe de fleurs en hommage aux victimes de l’attentat de Nice.

REPORT ENVISAGÉ À MARSEILLE
Du côté de Marseille il n’y a toujours pas de report officiel. Contacté par Yagg, Alain-Marc Deluy, membre du comité de pilotage Pride Marseille, a expliqué que le report aura peut-être lieu:  » On y travaille, nous avons pris un rendez-vous de pilotage mercredi 20 juillet avec toutes les autres associations ». Le report, s’il a lieu déplacerait la marche à la rentrée. Alain-Marc Deluy nous apprend également qu’il y a eu de petites réunions pour rendre hommage aux victimes de Nice:

« Des petits rassemblements informels ont eu lieu mais il n’y a pas eu de grands rassemblements »

À l’inverse de Marseille, il n’y a pas eu d’appel de don. En effet, toujours selon Alain-Marc Deluy, la ville et les associations n’ont pas une situation financière étouffante et donc pas de problème grave à ce niveau: « Nous n’avons pas les mêmes problématiques, nous avons la chance d’avoir un soutien important de la part de la ville de Marseille ».