Jesus vit à la Havane. Pour vivre, il coiffe des vieilles dames et des drag-queens. A force de regarder le spectacle de ces dernières, il commence à avoir envie de monter sur scène et se choisit le nom de Viva. Mama, une drag-queen expérimentée qui se produit régulièrement dans un bar de La Havane, l’encourage et le conseille. Mais son père, qui sort de prison, s’y oppose.

« C’est bien plus que du playback! », tonne Mama, après la première performance, bien terne, de Viva. Pour apprendre à donner de la vie à ses numéros de drag, Jesus va devoir apprendre non pas à s’accepter lui-même, mais à s’affirmer. Pendant tout le film, le jeune cubain se retrouve déchiré entre l’envie irrépressible de devenir une « transformista » et les reproches de son père, qui estime que l’on n’a pas à « exhiber sa faiblesse » de cette façon. Ecartelé entre sa famille choisie et sa véritable famille, ou ce qu’il en reste, pour le dire autrement. Ainsi, Viva nous donne à voir un bel exemple de relation père-fils, plus complexe et plus riche qu’elle ne semble de prime abord. Dans le rôle du père Jorge Perugorria (que l’on a pu voir dans Fraise et Chocolat) parvient à retranscrire toute la brutalité du personnage, tout en laissant poindre la part de sensibilité qui va lui permettre de renouer avec son fils, joliment interprété par Héctor Medina Valdés. La Havane filmée par Paddy Breathnach n’est pas cette cité de carte postale que l’en vend aux touristes étrangers, mais une ville dure où la pauvreté et la débrouille règnent en maître et d’où surgissent ici ou là quelques instants de magie, dans un bar de drag-queens ou dans un appartement un peu délabré où un père et son fils finissent par s’apprivoiser.

La bande-annonce:

Lire notre interview: Paddy Breathnach, réalisateur de «Viva»: «Certains membres du casting font partie d’une génération de gays qui a été harcelée»