La mesure a été annoncée lors de la rencontre entre François Hollande et trois associations LGBT, jeudi 1er juillet, Laurence Rossignol, la ministre des Familles, de l’Enfance et des Droits des femmes, l’a confirmé aujourd’hui. La circulaire sur les sanctions (cinq ans d’emprisonnement et 75 000 euros d’amende) auxquelles s’exposent les gynécologues et médecins français.e.s qui conseilleraient et donneraient des informations aux couples de femmes pour se rendre à l’étranger pour avoir recours à la PMA sera prochainement abrogée. La ministre l’a dit ce matin sur Public Sénat.

Reprenant fermement une journaliste utilisant les éléments de langage de la «Manif pour tous», Laurence Rossignol a expliqué que l’ambition d’ouvrir la PMA aux couples de femmes – auquel elle est favorable – a été freinée par «la violence des réactionnaires et des conservateurs» et a exprimé une nouvelle fois son avis favorable à l’ouverture de cette technique.

Mais comme le relève le journaliste Thomas Vampouille dans Marianne, la ficelle n’est-elle pas un peu grosse? Difficile en effet de croire que le gouvernement fait un pas vers les couples de femmes, alors que c’est Marisol Touraine, toujours ministre de la Santé, qui, pendant les débats sur le mariage pour tous, en 2013, a rédigé cette circulaire sanctionnant les médecins.

Mi-mars dernier, 130 médecins signaient une tribune dans Libération affirmant avoir «aidé, accompagné certains couples ou femmes célibataires dans leur projet d’enfant dont la réalisation n’est pas possible en France». Ils et elles appelaient à mettre fin aux «incohérences actuelles» et se déclaraient en faveur de l’ouverture de la PMA à toutes les femmes, quelle que soit l’orientation sexuelle ou la situation de couple.

Tandis que plusieurs élu.e.s LR et FN crient depuis ce matin au scandale, certain.e.s dénoncent une imposture du gouvernement:

Dans cette affaire, le gouvernement joue sur l’ambiguïté. Mais les associations risquent fort de ne pas être dupes de ce tour de passe passe, qui ne remet pas en cause la discrimination envers les couples de femmes et les femmes célibataires.