«Vous êtes magnifiques, je vous aime!». Plus de 90 fois au cours de l’après midi, Yvette Leglaire a lancé ce cri d’amour aux participant.e.s de la Marche des fiertés, à Paris, samedi 2 juillet. La chanteuse transformiste en est à sa deuxième participation à l’animation de l’octroi, là où les bénévoles de l’Inter-LGBT demandent aux marcheurs un peu d’argent.

Dès 14 heures, Yvette s’est installée sur le podium, situé sur le quai des Célestins, à l’angle de la rue Saint-Paul, dans le 4e arrondissement. A ses côtés, pour sa première prestation, Denis Erhart, le président des Oublié.e.s de la mémoire, très en forme aussi.

denis erhart yvette leglaire marche des fiertes 2016

T-SHIRTS ET CASQUETTE ROUGE
L’octroi, c’est une équipe d’une bonne douzaine de bénévoles qui se relaye toutes les deux heures. Portant un T-shirt et une casquette rouge, ils et elles tiennent une mini-poubelle pour recueillir les dons, face à la marée humaine, rendue encore plus compacte par l’étroitesse du quai.

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Parmi ces bénévoles, Olivier. Il ne fait partie d’aucune association, mais il a tenu à être là et à faire partie de l’équipe. «Pour soutenir les actions des associations LGBT», explique-t-il.

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Alors que les premiers chars ne sont toujours pas en vue, à 16 heures, trois minutes de silence sont observées en mémoire des mort.e.s du sida, mais aussi de l’attentat homophobe d’Orlando.

Il leur faudra attendre 16h05 pour voir apparaître au loin les gyrophares de la police, chargée de protéger la Marche.

« CA VA LES FILLES? TU ES MIGNON »
Le départ de la Marche était prévue vers 14 heures, quai du Louvre, mais ce n’est qu’à 16h10 que le premier char, celui de l’Inter LGBT parvient au point de passage de l’octroi, situé deux kilomètres plus loin. Yvette ne tarde pas à s’adresser directement aux participant.e.s: «Ça va les filles?; Tu es mignon!». Lorsque quelqu’un.e donne, elle lance: «Mon chéri, c’est bien». De nombreux fans la reconnaissent et demandent à faire un selfie. Connue pour son bon goût, elle crie aussi: «Un billet, un gros billet dans la fente».

Denis Erhart lui a choisi de haranguer la foule aux cris de : «Faites du bruit, levez les bras». Mais il prend soin aussi de décrire chaque association. Régulièrement, à sa demande, les drapeaux LGBT sont portés bien haut: «C’est le drapeau de la liberté et de l’avancée des droits des personnes LGBT», ajoute-t-il régulièrement. Yvette, elle continue de crier: «Vous êtes magnifiques, je vous aime», drapée dans son rainbow flag du plus bel effet. Moment inattendu, l’intervention de Simone, la «voix» des annonces SNCF en gare, qui souhaite «une belle marche à toutes et tous».

Les délégations se succèdent: l’ambassade des Etats-Unis, très applaudie, les Pays Bas, le Refuge, Flag, la Black Pride, très applaudie aussi, l’Ardhis.

ardhis octroi ardhis

Au bout d’une bonne heure, et alors que la foule est toujours aussi compacte, Yvette se perd un peu dans ses notes. Mais elle ne se démonte pas et continue de féliciter les marcheur.se.s. Le pôle radical, avec notamment Act Up-Paris apporte une note plus militante et en dénonçant l’inaction du gouvernement.

Vers 17h50, les partis politiques (Les Verts, le PCF, le Parti de Gauche) passent le point de passage avec des cortèges un peu distendus. Un peu plus loin apparaît l’un des chars les plus impressionnants, celui de la CGT puis le gros contingent de la CFDT. Dans un savoureux mélange des genres, c’est le char des Ours qui défile ensuite, avec des hommes barbus et poilus arborant fièrement leurs ventres rebondis. Succès garanti.

Juste derrière apparaissent les nombreux.se.s militant.e.s de SOS Homophobie. Depuis la camionnette de l’association, l’artiste Rochelle Grégorie, militante de longue date de l’association, distribue des baisers à la foule.

18h40, DERNIER CHAR
Deux heures et demie après le passage des premiers chars, les dernières associations, AgroTech, saluée d’un «Ils sont sexy sur ce char!» par Yvette Leglaire, puis le Caelif, le Mag et last but not least le Glup (Groupe LGBT des Universités de Paris).

Il est alors 18h40, lorsque les agent.e.s de nettoyage de la Ville de Paris passent devant l’octroi et Yvette invite les manifestant.e.s encore présent.e.s à applaudir leur travail. Quelles impressions garde-t-elle après cette animation de l’octroi: Yvette Leglaire, qui s’est donnée à fond, me confie qu’elle estime que «c’est important de faire ça. C’est très différent de ce que je fais d’habitude, mais c’est très sympa.» Denis, de son côté, a beaucoup aimé cette première expérience: «Je reprends mon côté militant», explique-t-il.

Le montant de la collecte de cet octroi 2016 sera connu lors de la publication des comptes de l’Inter LGBT.