Les associations SOS homophobie, le centre LGBT Paris-Ile-de-France et l’Inter-LGBT ont rencontré le président Hollande, jeudi en fin de journée. La ministre de la famille Laurence Rossignol, la secrétaire d’état à l’égalité réelle Ericka Bareigts, le Garde des sceaux Jean-Jacques Urvoas ainsi que plusieurs collaborateurs étaient également présents.

En face, plusieurs représentant.e.s d’associations LGBT avaient pris place et notamment les deux co-présidents du centre LGBT-Paris-Ile-de-France Flora Bolter et Jean-Charles Colin, le président de l’inter-LGBT Jérôme Beaugé, les porte-paroles de l’inter-LGBT Amandine Miguel et Clémence Zamora Cruz. Enfin pour SOS homophobie, sa vice présidente et porte parole, Virginie Combe. Cette rencontre a depuis suscité de très nombreuses réactions sur les réseaux sociaux mais les associations présentes, à la différence de l’Elysée, n’avaient toujours pas réagi officiellement par communiqué vendredi en fin d’après midi.

A celles et ceux qui critiquent une telle rencontre, Amandine Miguel répond: «Les associations ne sont pas dupes, nous savons très bien qu’il nous invite car nous sommes à quelques jours de la Marche des Fiertés, et que celle-ci est spéciale à travers le mot d’ordre -Les droits des personnes trans sont une urgence. Stérilisations forcées, Agressions, Précarité: Stop-. Nous avons ainsi pu utiliser ce moment médiatique pour parler des causes importantes et des combats actuels.» Virginie Combe est plus positive: « »C’était un beau symbole qui suscite beaucoup d’espoir. Il y a eu des engagements de la part du Président. Nous attendons maintenant des actes».

Dans un communiqué publié juste après la réunion, l’Elysée a rappelé que «ce dialogue s’est déroulé alors que l’attentat terroriste et homophobe d’Orlando a suscité de fortes inquiétudes sur la montée de la lesbophobie, de l’homophobie, de la biphobie et de la transphobie».

La réunion a été jugée «cordiale et conviviale», par la porte parole de SOS homophobie. Elle a également débouché sur plusieurs engagements pris par le Président François Hollande.

  • La suppression de la circulaire de 2013 qui alertait en effet les procureurs sur l’existence de onze conventions bilatérales aux termes desquelles un mariage entre personnes du même sexe ne pouvait pas être célébré en France si la loi nationale du conjoint étranger l’interdisait.
  • La suppression d’une  circulaire qui pouvait faire condamner un médecin français de cinq ans d’emprisonnement et 75 000 euros d’amende s’il transmettait des informations sur des cliniques ou des organismes étrangers qui pratique la PMA. Pour Virginie Combe, «cette circulaire est dangereuse puisqu’il y a une prise d’hormone lors d’une PMA, et que les médicaments sont différents d’un pays à un autre, le changement de médication implique ainsi des problèmes de santé aux futures mères ».
  • Le Président Hollande s’est engagé sur une démédicalisation du parcours de changement d’état civil pour les personnes trans prévue dans la loi pour la Justice du XXIè siècle. Un amendement figure déjà dans le texte en discussion au Parlement et il est très critiqué par les associations trans, notamment suite à une série de sous-amendements ajoutés à la demande… du gouvernement. Ce point devrait être amélioré, sans que l’on sache encore comment. Dans le projet de loi Egalité et Citoyenneté, le terme « d’identité sexuelle » sera remplacé par « identité de genre ».
  • La Délégation Interministérielle à la Lutte Contre le Racisme et l’Antisémitisme verra son champ d’intervention élargi à la prévention et à la lutte contre l’homophobie.
  • Enfin, selon Amandine Miguel, porte parole de l’Inter LGBT, contactée par Yagg, le président a promis de lutter contre les LGBTphobies en définissant une politique de prévention et de formation, en particulier dans le milieux sécuritaire et scolaire.

Mais l’un des sujets qui fâchent n’a pas été abordé: sur l’ouverture de la PMA aux couples de femmes et aux femmes célibataires en France il n’y a pas eu de discussion ni d’engagement de la part de François Hollande. C’est ce qui explique aussi en partie l’avalanche de réactions négatives de militant.e.s LGBT sur les réseaux sociaux.

La manif pour tous a critiqué cette « orgie de revendications ». On appréciera le choix du mot: