Le Conseil de Paris a voté l’octroi de 12 000 euros pour une mission de pré-figuration d’un centre d’archives LGBT le 14 décembre 2015 (Lire Centre d’archives à Paris: Le Centre LGBT prêt à piloter le dossier). C’est Hélène Bidard, adjointe chargée de toutes les questions relatives à l’égalité femmes/hommes, la lutte contre les discriminations et des Droits Humains qui pilote le dossier côté ville de Paris.

Une réunion avec 22 représentant.e.s d’associations LGBT concernées par le projet a eu lieu au Centre LGBT Paris Ile de France le 25 juin. Les échanges ont été cordiaux – une bonne nouvelle tant on sait que le sujet peut crisper.

Jointe par téléphone, Hélène Bidard affirme être satisfaite de la réunion et pense déjà à la suite des événements: «Il faut qu’on continue à avancer dans cette co-concertation. Il n’y a pas de schéma pré-établi.»

UN QUESTIONNAIRE, UNE NOUVELLE REUNION, UN COLLOQUE
Suite à la rencontre au Centre LGBT, l’adjointe annonce trois mesures:

  • Le lancement d’un questionnaire en ligne pour recenser les pratiques et le type d’archives. Le but est de délimiter « ce qui fait archive. »
  • Une nouvelle réunion avec les associations le 17 septembre prochain, au Centre LGBT de Paris
  • Un colloque en octobre, plus ouvert sur l’extérieur avec experts de la mémoire et de l’archivage, en plus de la participation des associations

«C’est très bien. Mais tout cela aurait dû être fait il y a 15 ans.», regrette Phan Bigotte, de l’Académie Gay et Lesbienne. «Nous avons désormais 300 mètres cubes d’archives. Nous ne prenons plus que s’il s’agit d’un décès ou d’un déménagement ou d’un départ à la retraite. Nous avons besoin d’un local.»

« Il y aura un local bien sûr », lui répond Hélène Bidard. Mais il faut d’abord délimiter le périmètre de ce qui fait archive avant de répondre à la question du lieu.»

Après deux tentatives infructueuses (le rapport de Jean Le Bitoux, puis celui de Louis-Georges Tin) de lancer ce Centre d’archives, Yves Grenu, du collectifs Les balayeuses archivistiques LGBT, lancé en 2012, estime que c’est la « dernière chance » de mener à bien ce projet.

Il n’y a pas de calendrier fixe, mais assure Hélène Bidard dans un sourire: « Je veux voir ce centre! Je ne travaille pas pour la postérité! ». Elle insiste néanmoins sur le fait que rien n’est encore gravé dans le marbre.

Pour Yves Grenu, le projet doit dépasser la ville de Paris. «Il ne faut pas exclure des partenariats qui sont pour nous indispensables, avec l’Etat, représenté par des institutions prestigieuses comme les Archives Nationales, avec qui nous avons déjà travaillé, la BNF, les archives départementales, l’INA, bibliothèques ou musées, comme le Mucem.», plaide-t-il. «Nous avons envie et besoin de ce centre, il faut mettre tous les atouts de notre côté», conclut-il.

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