Depuis le 12 juin dernier, et selon le bulletin officiel, Civitas a vu sa structure de gestion « agréée en qualité d’association de financement de parti politique« . Situé à droite de la droite, il souhaiterait même présenter un candidat en 2017, une décision qui sera prise en interne en septembre prochain.

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Extrait du Bulletin Officiel du 12 juin 2016

« IL FAUT RETIRER L’AGREMENT A CIVITAS »
Le député membre du groupe Radical, républicain, démocrate et progressiste Olivier Falorni s’est scandalisé de cette nouvelle, dans un premier temps dans un courrier au ministre de l’Intérieur transmis mardi à l’AFP, et aujourd’hui au cours des questions au gouvernement dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale.

« Ainsi donc Civitas, organisation violemment hostile aux droits de l’Homme, considérés comme étant, je cite, « diaboliques », va désormais être financé par le contribuable français, c’est à dire par nous tous. Notre démocratie doit être sans faiblesse face à tout ceux qui veulent éteindre l’esprit des lumières pour plonger notre pays dans l’obscurantisme le plus moyenâgeux, […] face à tous les fanatismes prêcheur de haine, quels qu’ils soient »

En effet, il y a de quoi s’indigner pour le député de Charente Maritime. La déclaration de l’association de financement de Civitas est une très bonne nouvelle pour le mouvement qui souhaite « rechristianiser la France », car ils peuvent désormais recevoir des dons jusqu’à 7 500 euros, et proposer à leurs donateurs une déduction fiscale de 66%. Oliver Falorni a donc réclamé a Bernard Cazeneuve le retrait de « l’agrément » du mouvement, qui s’était illustré lors de la mobilisation contre le mariage homosexuel en dénonçant « l’homofolie ».

UNE REQUÊTE INACCESSIBLE
Le ministre de l’intérieur a rétorqué qu’il était impossible de « retirer l’agrément » de Civitas en justifiant qu' »Il n’y a pas de procédure d’agrément, c’est un dispositif déclaratif ».

Il rappelle au passage que Civitas a, dès sa création, été déclaré en tant que parti politique en 1999. Ce n’est donc pas un fait nouveau.

Face à Olivier Falorni, Bernard Cazeneuve a répondu que « la démocratie a cette force, que vous considérez dans votre question comme une faiblesse: C’est qu’elle permet l’expression de ceux qui ne pensent pas comme ceux qui, dans la démocratie, défendent les valeurs, et c’est la raison pour laquelle le principe constitutionnel n’est pas un principe d’agrément, c’est un principe déclaratif ».

Pour rappel, Civitas s’était notamment illustré par ses campagnes chocs contre l’avortement ou encore ses prières de rues en marge de la Manif pour tous, dont voici ici un florilège.

Contacté par l’AFP, le président de Civitas, Alain Escada, a dit ne pas voir «pourquoi les mouvements pro-vie, pro-famille, catholiques enracinés ne pourraient pas disposer d’une représentation politique autonome».