V. Revlon est une figure de la Ballroom Scene (un réseau qui organise des événements communautaires de voguing, pour les profanes) parisienne. Il vit depuis quelques mois à Orlando en Floride. Il connaît très bien le Pulse, où il va régulièrement. Au moment de l’attentat, il était à un ball dans un Etat proche de la Floride. Pour Yagg, il nous raconte le Pulse, et son ressenti au moment et après le drame.

Quel genre de club est le Pulse? La clientèle dépend du jour d’ouverture. Le jeudi, c’est électro. C’est plus une clientèle blanche. Le vendredi, c’est hip hop Night donc c’est plus black mais ça reste assez varié. Le samedi, c’est latin night. Il y des drags shows, des artistes qui performent, des strippers.

Et c’est un club populaire sur la scène gay clubbing de la ville ? Oui, vraiment. En plein centre.

Qu’as tu ressenti quand tu as appris l’attentat ? J’ai eu une boule au ventre et j’ai espérais que je connaissais personne parmi les victimes. Je n »arrivais pas à réaliser au début car les premières infos qu’on a eus parlaient d’une vingtaine de morts. J’étais choqué. Et quand c’est passé à 50, j’ai juste pleuré, en fait.

Tu connais des victimes ou de gens qui y étaient au Pulse ce soir-là? Oui. Deux personnes qui font partie de la BallroomScene des États Unis. L’un est mort et l’autre et sain et sauf.

Tu as eu des contacts avec celui qui a survécu ? Oui il est juste traumatisé. Il ne veut pas trop parler de son expérience encore car c’est tout frais et ça le replonge dedans. Il est vraiment dans un état de choc

Et maintenant ? Comment tu vois les choses à l’avenir ? Pour toi, pour la scène à Orlando.  Cela va au delà de la scène. On parle de la liberté d’expression, des droits de l’homme. Mais en vrai on n’est pas libre. Je ne sais même pas comment voir les choses pour être franc. Pour le coup c’est cliché mais il faut vivre au jour le jour! Car ça nous prouve encore une fois qu’on n’ est juste pas à l’abri des mauvaises surprises. Si on n’est pas tranquille en boîte, dans une école ou même à l’église, où peut-on l’être?

Dernière question. Que penses-tu des réactions à la fois aux States et ailleurs dans le monde? Je suis dépassé par les réactions des gens qui disent « ils iront tous en enfers » ou « il a rendu service ».  Mais il y quand même des gens qui nous soutiennent, ça fait plaisir. Je ne sais même plus où me placer. Le 13 novembre, j’étais un ball dans le 11è à Paris et maintenant ça, une boîte qui est à 7 minutes de chez moi.