Le footballeur Serge Aurier est (à nouveau) dans la tourmente, alors qu’il est accusé de «violences volontaires sur personne dépositaire de l’autorité» après avoir été placé en garde à vue le 30 mai dernier, suite à un contrôle de police à Paris. Hier soir, un soutien du joueur s’est manifesté sur les réseaux sociaux, le rappeur Booba:

Un message qu’il serait difficile de ne pas voir comme une référence à la polémique autour des propos de Serge Aurier sur l’appli Periscope en février dernier. Le joueur du PSG avait alors traité Laurent Blanc de «fiotte» (lire notre article Ce que révèlent les propos homophobes du footballeur Serge Aurier).

Le tweet fait déjà réagir dans les médias, et ce soutien est perçu comme «déplacé» par l’Équipe, «encombrant» par le Parisien, ou carrément comme «provocateur» par Le Figaro. «Fiottes» partout, mais «homophobie» nulle part, comme le relève la journaliste de BuzzFeed Marie Kirschen. Comme en février dernier, les médias français rechignent à qualifier ces insultes d’homophobes.

Le tweet de Booba laisse d’autant plus un goût amer que le rappeur s’est engagé tout récemment à participer à un spot contre l’homophobie qui doit être diffusé sur sa chaîne. C’est l’animateur Matthieu Delormeau qui avait annoncé la nouvelle sur les réseaux sociaux, après un échange tendu entre les deux hommes sur le plateau de Touche pas à mon poste.

Le 31 mai, Matthieu Delormeau avait essayé de faire admettre à Booba la portée homophobe de certaines paroles de ses chansons. L’interview montre néanmoins un Matthieu Delormeau avançant face au vent: non seulement, il se heurte à Booba qui nie en bloc toute homophobie dans ses paroles et défend ses «métaphores», mais il est interrompu à plusieurs reprises par une autre chroniqueuse, Erika Moulet, et par Cyril Hanouna, qui le coupent pour affirmer qu’il ne faut pas interpréter des paroles telles que «Ma réalité tue, la fuir pue l’homosexualité» comme de l’homophobie.