Mardi 31 mai, Libération a publié une tribune appelant à l’arrêt des protocoles médicaux administrés aux personnes intersexes, très souvent sans leur consentement. Elle est signée d’une dizaine de personnes, dont parmi elles Nadine Coquet, membre de l’Organisation internationale des intersexes, Francophonie (OII), le sociologue Eric Fassin, la psychologue sociale Christèle Fraïssé, l’avocate Mila Petkova ou encore Vincent Guillot, cofondateur de l’OII.

«Ces traitements d’assignation sexuée prétendent “réparer” une “erreur de la nature”, expliquent-elles. Or, techniquement, ils sont le plus souvent un échec. Surtout, ils reposent sur la volonté de “rétablir” une nature fantasmée dont seraient exclues les personnes intersexuées. Or ces corps, nos corps, sont le produit de cette même nature qui fait naître tous les corps. Ces interventions d’assignation sexuée sont également problématiques en ce qu’elles sont pratiquement toujours irréversibles et rarement effectuées avec le consentement libre et éclairé de la personne intersexuée, enfant, adolescente ou adulte.»

Alors que la France vient d’être rappelée à l’ordre à deux reprises, par le Comité de l’ONU des Droits de l’Enfant en janvier 2016, puis par le Comité contre la torture de l’Onu en mai dernier, cette tribune exhorte les parlementaires à mettre un terme à ces pratiques médicales, ainsi qu’à permettre aux personnes ayant subi ce type d’opération ou traitement d’avoir accès à leur dossier médical et d’obtenir une réparation financière.

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