logo ouest transL’association Ouest Trans est aujourd’hui présente à la Marche des fiertés LGBT de Rennes. Elle s’inquiète de voir persister les violations des droits des personnes trans dans un climat global d’atteintes aux libertés, et explique pourquoi aujourd’hui la marche des fiertés ne peut être synonyme de fête.

 

 

La situation des personnes trans en France est alarmante, et la politique du gouvernement actuel ne fait qu’empirer les choses. 
Entre la loi Travail, la pénalisation des clients des travailleur-se-s du sexe et la loi Modernisation de la Justice du 21ème siècle qui institutionnalise la transphobie d’État, le PS nous enfume.

LOI TRAVAIL
La position des personnes trans face au monde du travail est remplie de complications et de difficultés.

Ces dernières ne s’arrangeront certainement pas avec la Loi Travail qui favorise cette précarisation et les discriminations déjà en place. Nous sommes plus que solidaires, nous sommes tou.te.s concerné·e·s.

Nous sommes également en colère contre l’état d’urgence qui légitime les répressions violentes subies par les détracteurs de cette loi tout en les stigmatisant à travers des termes partisans tels que «casseur·se·s» ou «extrémistes prenant en otages les français». Nous reconnaissons cependant que ces violences ont toujours existé envers les populations racisées et banlieusardes et sommes conscient·e·s de l’importance d’aborder les violences policières reliées au contrôle au faciès dont sont aussi victimes certaines personnes trans. L’impunité policière a également permis d’arrêter et de condamner à de la prison ferme des manifestant·e·s opposé·e·s au discours sexiste (pro-viol), homophobe et raciste de l’enseigne Bagelstein.

PÉNALISATION DES CLIENTS DES TRAVAILLEURS/EUSES DU SEXE
Le PS a également fait voter la loi sur la pénalisation des clients des travailleur·se·s du sexe, loi dénoncée car contre-productive selon les associations communautaires. Son seul effet est d’isoler encore d’avantage les travailleur·se· s du sexe et donc d’augmenter les risques. Ces mesures répressives vont toucher de plein fouet la communauté trans, et notamment les femmes trans migrantes, qui vont être davantage exposées au racisme et à la transphobie et à leurs conséquences (viols, isolement, violences policières, contaminations par le VIH, expulsions des personnes sans-papiers, etc.).

LOI MODERNISATION DE LA JUSTICE DU 21e SIÈCLE
Le PS a enfoncé le clou il y a quelques semaines en faisant passer une loi qui officialise la transphobie institutionnelle.

Jusqu’alors, les conditions pour obtenir un changement d’état civil étaient soumises à l’arbitraire des juges,car aucune loi ne les régissait. Désormais la pathologisation des transidentités est officielle, légale et toujours selon le bon vouloir de juges peu coopératifs.

Nathalie Appéré, maire socialiste de Rennes, a voté pour cette loi transphobe, dénoncée massivement par les associations trans et alliées. Le PS se moque de l’avis des personnes concernées et de l’expertise des associations trans et persiste à présenter cette loi comme une «avancée révolutionnaire». Pourtant, ces associations demandent depuis des années un changement d’état civil libre et gratuit devant un·e officier·e d’état civil, démarche faisable en Norvège, en Irlande et dans plusieurs autres pays, conformément à la résolution 2048 du Conseil de l’Europe. Pour autant, le PS trouve plus judicieux de nous renvoyer vers des juges qui persistent à poser l’obtention de papiers d’identité (correspondant à notre genre) sous condition de traitement hormonal et d’opération chirurgicale.

Le gouvernement se doit d’écouter les associations trans et se doit d’accéder à nos revendications sans plus tarder!

C’est pour toutes ces raisons que la 23ème Marche des Fiertés de Rennes n’est pas un événement festif pour nous. D’ailleurs nous rappelons qu’originellement les émeutes de Stonewall en 1969 étaient menées principalement par des personnes précaires, trans, racisé·e·s et travailleur·se·s du sexe. Ces émeutes étaient politiques et leurs revendications convergentes.

Tant que l’entièreté de la communauté LGB/T ne bénéficiera pas des mêmes droits, l’heure ne sera pas à la fête! 
Tant que le gouvernement socialiste continuera sa répression sur tous les groupes déjà discriminés, l’heure ne sera pas à la fête!

L’association Ouest Trans.