La décision est tombée mardi 31 mai. Les services de santé anglais (NHS England) ont décidé de ne pas prendre en charge le traitement préventif contre le VIH (PrEP), à base de Truvada. Les essais conduits ces dernières années (Ipergay, Proud), principalement auprès des gays et des Hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes (HSH), ont démontré que la prise de ce médicament dans le cadre d’un programme de prévention réduit jusqu’à 96% le risque d’acquisition du VIH chez les personnes séronégatives exposées.

Cette décision du NHS England de ne pas financer la PrEP a provoqué colère et incompréhension parmi les activistes.

UNE DÉCISION «HONTEUSE»
Ian Green, directeur exécutif du Terrence Higgins Trust, a déclaré que cette décision était «honteuse». Sur le site BT.com, il ajoute: «Ce pays a montré la voie dans le combat contre l’épidémie, mais aujourd’hui, notre National Health Service s’est lavé les mains face à une des plus importantes découvertes; un médicament qui, pris correctement est efficace à quasiment 100% pour prévenir le VIH.»

D’après les données anglaises, plus de 2500 gays et HSH sont infectés par le VIH chaque année au Royaume Uni, un chiffre qui est resté stable depuis dix ans. Pour les activistes, ce n’est pas aux usagers, dont certain.e.s sont précaires, de payer un traitement préventif.

En mars dernier, un premier refus avait occasionné des réactions, y compris de la classe politique. C’est «un retour en arrière insensé» avait ainsi déclaré la députée travailliste Catherine West après l’annonce de la décision du NHS England. La députée avait même interpellé Jeremy Hunt, le Secrétaire d’État à la Santé britannique au Parlement.

Suite à ces protestations, le NHS England avait accepté de réexaminer sa position. Trois mois plus tard, celle-ci n’a pas varié d’un pouce. Selon un porte-parole de NHS England, cet organisme n’est pas habilité légalement à prendre en charge la PrEP.

Les autorités locales font remarquer qu’elles doivent déjà faire face à des réductions de leurs budgets de santé de l’ordre de 500 millions de livres (près de 650 millions d’euros) sur cinq ans et que la pression sur les services publics de santé pour dispenser la PrEP ne va faire qu’accentuer les difficultés.

En France, depuis le début de cette année, le traitement préventif est disponible et intégralement remboursé, suite à la décision de Marisol Touraine qui répondait ainsi aux demandes insistantes des associations et des médecins impliqués. C’est une première en Europe. D’autres pays ont approuvé la PrEP, les Etats-Unis tout d’abord en 2012, puis plus récemment le Kenya, l’Afrique du Sud et le Canada.

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