Ils et elles étaient plusieurs centaines de manifestant.e.s à s’être rassemblé.e.s devant le Parlement, et ce jusque tard dans tard dans la soirée pour connaître l’issue du vote. Les parlementaires se sont prononcé.e.s hier soir sur l’ouverture du pacte de vie commune – un équivalent du pacs créé en 2008, jusque là réservé aux couples hétérosexuels – aux couples de même sexe: à 194 voix contre 55, le projet de loi a été adopté. A l’annonce du résultat, plusieurs couples présents dans les tribunes se sont embrassés sous les applaudissements des parlementaires.

Les membres du parti socialiste Pasok, les centristes de La Rivière, ainsi que plusieurs député.e.s plus conservateurs/trices ont voté pour ce projet de loi. Comme prévu, le parti des Grecs indépendants (Anel), qui forme une coalition avec le parti de gauche radicale Syriza, l’a rejeté, de même que le parti communiste, ainsi que le parti d’extrême-droite Aude dorée. Même si cette reconnaissances légale des couples de même sexe est une avancée significative, dans les faits, le pacte de vie commune ne permettra toutefois pas à ces couples d’adopter des enfants, ni de faire reconnaître les familles homoparentales. En outre, en matière d’imposition ou de régime de retraite, le pacte de vie commune n’offre pas les mêmes droits que le mariage.

«C’est l’aboutissement de plusieurs années de promesses politiques, a déclaré Joyce Hamilton, co-directrice du bureau exécutif de l’Ilga-Europe. Les gouvernements successifs avaient parlé de reconnaître légalement les couples de même sexe, et je suis enchantée de finalement voir ces mots positifs transformés en un changement qui a du sens pour les couples en Grèce.»

Cette avancée importante devra cependant être suivie de mesures visant à assurer pleinement la protection des personnes LGBTI, estime Gauri van Gulik, le directeur adjoint d’Amnesty International pour l’Europe et l’Asie centrale: «Ces personnes vivent encore dans un climat d’hostilité dans lequel les autorités échouent à suffisamment les protéger. Les agressions physiques augmentent, les discours de haine sont habituels et demeurent impunis. Même les démonstrations d’affection entre personnes de même sexe sont censurées à la télévision.» Autant dire qu’il reste effectivement du travail.