L’agence américaine des produits alimentaires et médicamenteux, la Food and Drug Administration (FDA), a annoncé hier qu’elle modifie les mesures d’exclusion du don du sang concernant les gays, les bisexuels et les HSH (les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes). Désormais, ils seront autorisés à donner leur sang à condition qu’ils n’aient pas eu de relations sexuelles au cours des douze derniers mois.

«La responsabilité de la FDA est de maintenir un haut niveau de sécurité du sang pour les personnes qui en dépendent, a expliqué le commissaire de la FDA Stephen Ostroff. Nous avons pris grand soin de nous assurer que la politique de révision s’appuie sur des preuves scientifiques solides et continue de protéger notre approvisionnement en sang.» Cette modification avait été annoncée il y a un an, afin de modifier enfin l’interdiction qui avait été prise par le gouvernement en 1983, aux débuts de l’épidémie de sida.

L’organisation Gay Men’s Health Crisis (GMHC) a bien entendu réagi pour faire part de sa déception:

«En pratique, la nouvelle politique est une continuation de l’interdiction à vie et ignore les technologies modernes de dépistage du VIH en perpétuant le stéréotype que les gays et les bisexuels sont intrinsèquement dangereux», a affirmé Kelsey Louie, le président de l’organisation.

«Le don du sang devrait être basé sur la science et non sur les préjugés. Le gouvernement des États-Unis doit arrêter de réagir au VIH comme si nous étions au début des années 80. D’autres pays ont mis en œuvre des systèmes de renvois basés sur les risques qui prennent en compte la science et le dépistage de tou.t.e.s les donneurs/euses en fonction du comportement qui peut conduire à la transmission du VIH.»

Pour David Stacy, directeur des affaires gouvernementales de Human Rights Campaign, cette nouvelle disposition ne va pas assez loin: «Alors que c’est un pas dans la bonne direction vers une politique idéale qui reflèterait la meilleure recherche scientifique, cela reste bien loin d’être une solution pleinement acceptable car elle continue de stigmatiser les hommes gays et bisexuels. Cela ne peut tout simplement pas être justifié au regard de la recherche scientifique actuelle et de la technologie de dépistage améliorée. Nous sommes engagé.e.s à travailler pour un résultat ultérieur qui minimisera à la fois les risques pour l’approvisionnement en sang et traitera les gays et les bisexuels avec le respect qu’ils méritent.»

En France, la situation est similaire depuis le 4 novembre dernier, date à laquelle Marisol Touraine a annoncé la levée de l’exclusion permanente au don du sang pour les HSH. Elle a de la même façon été remplacée par un ajournement temporaire de 12 mois après la dernière relation sexuelle.