[Mise à jour, 15h20] Ajout de la réaction de l’Inter-LGBT et de son avocate

[Mise à jour, 16h20] Ajout de la réaction de Christine Boutin.

C’est vrai, l’interrogatoire du Président du tribunal avait été implacable. Mais Christine Boutin allait-elle pour autant être condamnée pour avoir déclaré que l’homosexualité était une « abomination »? Lors de l’audience, son avocat avait à juste titre rappelé que Christian Vanneste avait in fine était blanchi par la Cour de Cassation pour des propos relativement proches.

Peu après 14h, ce vendredi 18 décembre, dans une salle d’audience pleine à craquer (sans doute en raison du procès Lilian Thuram-Karine Lemarchand prévu un peu plus tard), le Président Alain Bourla a vite balayé les doutes.

D’une voix claire, il a annoncé que le Tribunal de grande instance de Paris condamnait Christine Boutin à 5000 euros d’amende pour provocation à la haine.

En outre, Madame Boutin devra verser 2000 euros à chacune des deux associations qui s’étaient portées partie civile dans ce procès: Mousse et Le Refuge, au titre de dommages et intérêts ainsi que 2000 euros supplémentaires chacune au titre de l’article 475-1 du code pénal (frais de justice). L’Inter-LGBT, qui avait initié la plainte, a en revanche, été déclarée irrecevable en tant que partie civile.

Le tribunal a été plus loin que le procureur qui réclamait une amende de 3000 euros.

« UN MESSAGE FORT POUR LES LGBT-PHOBES »
A la sortie de la salle d’audience, Clémence Zamora-Cruz, porte-parole de l’Inter-LGBT a indiqué que l’association se « félicite de cette condamnation ». « C’est un message fort à toutes les personnes LGBT-phobes. Cela leur montre que ce type de propos est répréhensible. Nous serons vigilants pour que ce type de propos ne soient pas banalisés parce qu’ils sont à l’origine de la violence physique et verbale que subissent les lesbiennes, les gays, les bis et les trans », a-t-elle poursuivi.

L’avocate de l’Inter-LGBT, Maître Karine Geromini, s’est dite « très satisfaite », bien que déçue par l’irrecevabilité en tant que partie civile. « Si l’Inter-LGBT n’avait pas porté cette plainte, nous n’en serions pas là », a-t-elle tenu à rappeler.

Sur Twitter, Christine Boutin indique qu’elle fait appel.

Le procès de Christine Boutin avait eu lieu le 23 octobre dernier devant la 17e chambre correctionnelle du Tribunal de grande instance de Paris. Un procès suivi par Yagg et dont vous pouvez lire le compte-rendu détaillé.