LES ADIEUX DE LA SEMAINE
Voilà, c’est fini. Abby Wambach a disputé son dernier match, mercredi, à la Nouvelle-Orléans, sous le maillot de l’équipe américaine de football, face à la Chine. Après 255 matches, 184 buts, 2 victoires en Coupe du monde et l’or olympique, l’attaquante, âgée de 35 ans, était baignée, depuis quelques jours, de témoignages de gratitudes et d’hommages comme les États-Unis savent le faire. La Chine – entraînée par Bruno Bini, l’ancien sélectionneur des Françaises – a battu les États-Unis (1-0).

Parmi les clips des sponsors de la joueuse, celui de Nike qui donne la parole à ses coéquipières:

Si le lecteur ne s’affiche pas, cliquez sur NIKE SOCCER: « 90′ will never be quite the same without you. »

De son côté, Gatorade a travaillé sur le thème de l’oubli, avec Abby en voix off: «Oubliez-moi. Oubliez mon numéro, oubliez mon nom, oubliez que j’ai un jour existé. Oubliez les médailles remportées, les records améliorés, et les sacrifices effectués. Je veux laisser un héritage où la balle continue d’aller de l’avant. Où la génération suivante réussit de tellement belles choses que l’on ne se souvient plus de moi. Alors, oubliez-moi. Parce que le jour où je serai oubliée, sera le jour où nous aurons réussi.»

https://youtu.be/BGQZ5FfvP3E

Si le lecteur ne s’affiche pas, cliquez sur Gatorade | Abby Wambach | Forget Me

Abby Wambach n’a pas dit autre chose, mercredi soir, quand elle a commenté sa prestation: «J’ai joué 72 minutes et nous n’avons pas marqué». Elle a dans la foulée quitté les réseaux sociaux, sur un dernier message: «oubliez-moi».

Plus facile à dire qu’à mettre en œuvre, pour preuve ce tweet de Barack Obama:

«Félicitations pour cette magnifique carrière, Abby Wambach. Pour les buts marqués et les enfants que vous avez inspiré.e.s, vous êtes la meilleure!»

Un acronyme, «G.O.A.T», pour «Greatest Of All Time», la meilleure de tous les temps.

Parmi les dizaines de vidéos publiées ces derniers jours autour de la retraite de l’attaquante, un entretien à ESPN, où elle évoque les enfants qu’elle aura:

https://youtu.be/78k_7w6XiIQ

Si le lecteur ne s’affiche pas, cliquez sur Abby Wambach sits down with Julie Foudy to reflect on her amazing career

Pour les derniers instants, on retiendra ces remerciements aux fans et à l’équipe et un lâcher de micro qui restera dans les mémoires:

Si le lecteur ne s’affiche pas, cliquez sur Abby Wambach addresses her fans and finishes with the mic drop! #ThanksAbby #OnlyOneAbby

LES ADIEUX DE LA SEMAINE (2)
En images, les adieux annoncés d’Abby Wambach à la compétition. Sa co-équipière Sydney Leroux Dwyer a proposé un compte à rebours en noir et blanc.

Roomie, I'm going to miss your daily readings and your use of big words that I don't understand @abbywambach. #threemoredays

Une photo publiée par Sydney Leroux Dwyer (@sydneyleroux) le

Just a casual stroll through these New Orleans streets with my best friend @abbywambach. #twomoredays

Une photo publiée par Sydney Leroux Dwyer (@sydneyleroux) le

The gal. #onemoreday

Une photo publiée par Sydney Leroux Dwyer (@sydneyleroux) le

De leur côté, Alex Morgan, Tobin Heath et Heather O’Reilly ont lancé, en même temps, la 14 décembre, le hashtag #FillitforAbby appelant à remplir le SuperDome de la Nouvelle Orléans. Ils étaient finalement 32950, mercredi soir.

LA CONVALESCENCE DE LA SEMAINE
Et pendant ce temps, Megan Rapinoe, milieu de terrain offensif de l’équipe américaine, a subi une opération du genou. Sa compagne, la chanteuse Sera Cahoone, qui poste la photo, indique qu’elle va bien et que Megan est une dure à cuire.

LE MOT DOUX DE LA SEMAINE
La milieu de terrain manque déjà à sa coéquipière Ali Krieger qui lui a aussi dédié le dernier match d’Abby Wambach:

LA DISTINCTION DE LA SEMAINE
Corinne Diacre, du Clermont Foot, a été élue par le magazine France Football «meilleur entraîneur de Ligue 2». «Après 18 journées, Clermont est 5e avec l’avant-dernier budget de la Ligue 2 (six millions d’euros)», commente France Bleu. À la tête de l’équipe depuis le début de la saison 2014, Corinne Diacre, seule femme coach dans les deux premières divisions du football masculin, «impose désormais son style… et le respect».

LE COMING-OUT DE LA SEMAINE
Il avait été victime de propos homophobes de la part d’un joueur qu’il venait d’exclure, le 3 décembre, sa réponse a été on ne peut plus claire: Bill Kennedy, arbitre du championnat américain de basket, a fait son coming-out dix jours plus tard.

L’association qui régit le championnat américain, la NBA, compte déjà quelques coming-outs dans ses rangs, ceux de la joueuse des Phoenix Mercury Brittney Griner, et de son collègue Jason Collins, aujourd’hui retraité des parquets, en 2014. En 2011, le président des Phoenix Suns, Rick Welts, avait publiquement évoqué son orientation sexuelle.

La NBA a salué ce nouveau coming-out: «Durant ses 18 ans de carrière avec la ligue, Bill a excellé comme arbitre grâce à sa passion, son dévouement et son courage, a indiqué Adam Silver, son commissaire. Ces qualités continueront à le servir à la fois comme officiel de match et comme influence positive auprès des autres.Tandis que notre ligue a fait de grands progrès, notre travail se poursuit pour assurer à chacun.e d’être traité.e avec respect et dignité.»

Jason Collins et sont prestigieux aîné Magic Johnson ont salué cette sortie du placard:

«Très fier de #BillKennedy qui partage son histoire et fait preuve d’un vrai professionnalisme. Beaucoup de #respect et de #courage.»

«Merci à mon bon ami et commissaire de la NBA, Adam Silver de soutenir l’arbitre Bill Kennedy qui a révélé être gay.»

L’APPEL DE LA SEMAINE
La Fédération sportive gaie et lesbienne (FSGL) «lance un appel à bénévoles pour participer au développement du pôle intégration et de ses missions, lutter contre le sexisme et les discriminations, indique-t-elle sur son site. Les chantiers du pôle intégration pour cette année sont ambitieux et vous pouvez nous aider que vous soyez profanes ou spécialistes dans des domaines de compétences aussi variés que la rédaction de chartes, l’organisation d’événements sportifs inclusifs, les relations auprès des institutions, la communication et la valorisation de nos actions, etc.» Parmi les projets du pôle intégration, l’inclusion des séniors, l’accueil aux personnes concernées par le VIH, le sport féminin et l’accueil des personnes trans.

LE MARIAGE DE LA SEMAINE
C’est l’info «carnet rose» de la semaine: la coureuse sud-africaine Caster Semenya s’est mariée avec sa compagne Violet Raseboya. La cérémonie traditionnelle a eu lieu dans la ville de Ga-Dikgale, dans le district de Limpopo le 5 décembre (lire
L’athlète Caster Semenya a épousé Violet Raseboya
).

LE BRUSHING DE LA SEMAINE
Toute en vagues, la coiffure du plongeur Matthew Mitcham qui la verrait bien sur les photos de son passeport:

LE SOUTIEN DE LA SEMAINE
Le handicap n’empêche pas de faire du sport. C’est ce que veut montrer Ben Duffy avec le documentaire Tin Soldiers, qui cherche ses derniers financements:

Si le lecteur ne s’affiche pas, cliquez sur Tin Soldiers OFFICIAL TRAILER

LA BÉBÊTE DE LA SEMAINE
Martina Navratilova et ses animaux ont eu une visite inattendue:

LE RETOUR DE LA SEMAINE
Amélie Mauresmo, de retour de congé maternité, va réintégrer l’équipe d’Andy Murray. La championne française avait donné naissance, en août, à un garçon.

Nice to have Amelie back in the team out in Dubai. Thanks to Jonas for helping out this year. I enjoyed working with one of the nicest guys on the tour, bring on 2016.

Posté par Andy Murray sur mercredi 16 décembre 2015

 

LA UNE DE LA SEMAINE
C’est une femme qui est, pour Sports Illustrated (SI), l’athlète de l’année. Serena Williams est en Une du magazine américain dans une attitude très Beyoncé. Elle est la première joueuse de tennis à décrocher cette distinction depuis Chris Evert en 1976, la première femme depuis Pat Summitt, coach de basket, en 2012.

La joueuse américaine qui a porté son record de victoires personnelles en grand chelem à 21 en enlevant dans l’année l’Australian Open, les Internationaux d’Australie et Wimbledon, a, bien sûr, terminé 2015 au sommet du tennis mondial. Âgée de 34 ans, elle compte encore ajouter quelques lignes à son palmarès.

LA POLÉMIQUE DE LA SEMAINE
La championne américaine s’est retrouvée au centre d’une tempête sur les réseaux sociaux. SI avait, en effet, soumis cette récompense aux votes et c’est un cheval de course, Pharaoh, qui était arrivé en tête. Soupçons de racisme ou de triche, la polémique a fait rage.

LE DISCOURS DE LA SEMAINE
Intense et émouvant discours de la championne et tellement plus. Serena, voix un brin cassée, reçoit la récompense avec fierté. Pour la famille, l’entourage, les mots, pas suffisamment forts pour raconter l’amour qu’elle a pour tou.te.s.

Pour l’intitulé de la récompense – «person», pas «woman» –, fierté encore. Et engagement. Si peu de femmes l’ont emporté. Serena parle de ses premiers pas dans le tennis, des hauts et des bas, des problèmes des santé – une embolie pulmonaire –, des tragédies – la mort de l’une de ses sœurs –, des controverses – elle, victime de racisme, en plein match à Indian Wells en 2001 quand elle n’avait que 19 ans –, les chevaux, «je devais le dire», rit-elle.

Elle raconte: «Des gens m’ont reproché d’être trop puissante, noire, ou d’être une femme. Il y a ceux qui n’ont pas cru que je gagnerai plus de grands chelems quand j’en avais déjà remporté 7. J’en suis maintenant à 21 et peut-être plus encore».

Superbe, tête haute, splendide, elle termine son discours dans la voix d’une autre: Maya Angelou, écrivaine, poétesse, militante, dont elle énonce, impeccable, des strophes du poème I’ll Rise. Une championne, un exemple, une femme, un être humain dans ce qu’il peut apporter de meilleur.

Si le lecteur ne s’affiche pas, cliquez sur Serena Williams accepts 2015 Sportsperson of the Year award

Bonnes fêtes à tou.te.s et à l’année prochaine pour les prochaines chroniques!