[Mise à jour 17 décembre, 11h] Ajout de la réaction d’Hélène Bidard.

Le Conseil de Paris a voté l’octroi de 12 000 euros pour une mission de pré-figuration d’un centre d’archives LGBT lundi 14 décembre. Un amendement budgétaire avait été proposé proposé par le groupe écologiste. Il a a été retiré en séance au profit de l’adoption d’une lettre rectificative de l’exécutif, qui a les mêmes effets.

David Belliard, le co-président du groupe écologiste, souhaitait qu’une association LGBT puisse porter le projet. Il avait en tête le Centre LGBT de Paris Ile de France. Jointe par téléphone, la co-présidente du Centre, Flora Bolter, répond banco: « Cela nous intéresse sur le fond. C’est important et urgent. » D’autant que selon elle, le Centre est tout à fait légitime: « Outre nos activités autour du social et de l’accueil, nous avons aussi une expérience de bibliothèque et d’archives. »

SERPENT DE MER
Pour elle le vote de lundi est « un geste très encourageant de la ville de Paris. » La co-présidente veut croire que ce « serpent de mer » cesse d’en être un et finisse par devenir concret: « Nous ne partons pas de rien. Il y a déjà le travail de Louis-George Tin [qui avait rédigé un rapport], notamment », explique-t-elle.

David Belliard est également satisfait du vote. Mais pour lui, tout reste encore à faire. « C’est maintenant le cabinet d’Hélène Bidard [adjointe à la lutte contre les discriminations et aux droits des femmes] qui doit prendre les choses en main. » Il compte cependant continuer à suivre le dossier, qui lui tient particulièrement à cœur.

« Ces moyens dédiés sont une bonne nouvelle pour tous ceux et toutes celles qui attendent depuis des années la création d’un tel espace, commente Hélène Bidard. Ce vote est aussi un bon point d’appui pour Bruno Julliard, premier adjoint chargé de la culture et du patrimoine, et moi-même pour porter encore davantage ce dossier avec les services de la ville de Paris, notamment auprès du gouvernement qui devra se positionner étant donnée la dimension nationale d’un tel projet. »

Pour le reste « tout est ouvert », précise Hélène Bidard: « nous souhaitons avancer, comme nous le faisons depuis presque un an, avec l’ensemble des associations et parties prenantes. Nous les réunirons à nouveau début 2016, après avoir rencontré les Archives nationales en juin dernier et le service interministériel des Archives de France la semaine prochaine. La question est aujourd’hui de garder le meilleur de ce qui a déjà été fait et de ne pas reproduire les erreurs qui n’ont pas permis d’aboutir. », explique l’adjointe.

Échaudée par l’échec de la mission précédente et les dissensions au sein des associations, la ville de Paris souhaite cette fois davantage s’impliquer. Le pilotage n’est donc pas encore arrêté.