[Mise à jour 14 décembre 11h30: Réaction du Centre LGBT de Nice]

Au soir du second tour des élections régionales, la nouvelle carte des régions se dessine. La gauche conserve 5 régions: Languedoc Roussillon Midi Pyrénées, Aquitaine Poitou Charentes Limousin, Bretagne, Centre Val de Loire et Bourgogne Franche Comté. Le Front National n’obtiendrait aucune région. Les associations LGBT s’étaient notamment mobilisées contre le parti d’extrême droite, avant le premier tour et entre les deux tours.

La droite remporte au moins 6 régions. Dans celles-ci, nombre d’adversaires de l’égalité des droits vont donc se retrouver en charge de subventions pour des associations, ou des lycées.

Si les candidats de droite élus à la tête des régions appliquent à la lettre ce qu’ils ont promis, les associations LGBT ont du souci à se faire.

En Ile de France, Valérie Pécresse arriverait en tête, devant Claude Bartolone. Pendant la campagne, elle a multiplié les signes en direction de la frange conservatrice de son électorat. Dans son programme, elle promettait de supprimer les subventions aux associations faisant la promotion de la « théorie du genre », un clin d’œil clairement en direction de son électorat « Manif pour tous ». Elle avait d’ailleurs participé au meeting de l’organisation (Lire Oui Oui Oui tente de zapper Valérie Pécresse au meeting de la Manif pour tous) et présentait plusieurs candidat.e.s affilié.e.s Sens Commun sur sur ses listes. Elle avait toutefois pris soin de ménager les associations LGBT, en assurant que les subventions aux associations « luttant contre l’homophobie » seraient maintenues. Sa tête de liste à Paris, Thierry Solère, était venu défendre ses positions lors d’un débat au Centre LGBT de Paris IDF (Lire Régionales: 5 candidat.e.s, 7 thèmes, 3 heures de débat au Centre LGBT Paris-IdF).

Une sollicitude que n’a pas eue Laurent Wauquiez, le futur président de la région Auvergne Rhône Alpes. Les associations lyonnaises s’étaient mobilisées pendant la campagne pour dénoncer la proximité du député LR avec le FN et la présence sur sa liste d’ultra-catholiques réactionnaires comme Anne Lorne (Lire A Paris et à Lyon, les associations appellent à faire battre les candidats anti-LGBT). Cela n’aura pas suffi.

La région Pays de Loire a porté à sa tête un autre adversaire résolu de l’égalité, le très conservateur sénateur Bruno Retailleau.

En Provence Alpes Côte d’Azur, Christian Estrosi (LR) l’emporte face à Marion Maréchal-Le Pen, dont les déclarations avaient beaucoup inquiété les associations LGBT et féministes. A Nice le Centre LGBT Nice Côte d’Azur a fait part de son « soulagement »: « Les associations LGBT de notre région, sous l’impulsion du Centre LGBT Côte d’Azur, se sont levées entre les deux tours, pour appeler à faire battre le Front National. Nous sommes donc heureux-ses de constater que les républicains et les progressistes se sont mobilisé-e-s au deuxième tour pour faire barrage à la haine et à l’exclusion. » Très à droite sur de nombreux sujets, le maire de Nice est en revanche plutôt ouvert sur les questions LGBT.

En Alsace Champagne Ardenne Lorraine, l’élu gay du FN, Florian Philippot a perdu face à Philippe Richert. Récemment, il avait rappelé que son parti supprimerait le mariage pour tous s’il obtenait des responsabilités nationales (Lire Florian Philippot affirme que le FN reviendra bien sur la loi sur le mariage pour tous).

Dans le Nord Pas de Calais Picardie, Xavier Bertrand l’a emporté face à Marine Le Pen. Il s’était rendu au meeting de la « Manif pour tous » pendant la campagne.