La Grèce s’apprêterait enfin à légiférer sur la reconnaissance des couples de même sexe. Les parlementaires se pencheront le 22 décembre sur un projet de loi qui permettrait d’ouvrir le «pacte de vie commune» – un équivalent du pacs en France créé en 2008 – aux couples d’hommes et de femmes.

Rien n’est cependant tout à fait joué. En effet, le parti des Grecs indépendants (Anel), qui forme une coalition avec le parti de gauche radicale Syriza, a fait savoir qu’il ne votera pas en faveur de l’ouverture du pacte de vie commune aux couples de même sexe. Le gouvernement devra donc compter sur les votes de la gauche et du centre pour faire passer cette mesure. La perspective d’une reconnaissance des couples de même sexe déclenche une nouvelle fois la colère de l’Église orthodoxe, qui a condamné le projet de loi. Sa voix conserve un poids important dans la société grecque, puisque selon l’actuelle constitution, il n’y a pas de séparation entre l’Église et l’État. Dans un post de blog publié début décembre, l’évêque Ambroise de Kalávryta, connu pour ses positions extrêmement réactionnaires, a craché sa haine de l’homosexualité: «L’homosexualité est une déviance de la nature. (…) Ce sont des gens avec un trouble mental, ils sont dangereux, N’hésitez pas! Quand vous les rencontrez, crachez leur dessus! Ne les laissez pas lever la tête!»

Condamnée par la Cour européenne des droits de homme (CEDH) en novembre 2013, la Grèce avait alors tenté de faire passer une loi reconnaissant les couples de même sexe, tentative qui s’était soldée par un échec. Plus tard, Alexis Tsipras s’y était engagé dans sa campagne, avant de changer de ton à quelques jours des élections législatives qui l’ont placé à la tête du gouvernement en janvier 2015, expliquant que le sujet ne serait finalement pas au programme politique de Syriza. Un recul évidemment peu apprécié. Début novembre lors de la conférence annuelle de l’Ilga-Europe, le ministre de la Justice Nikos Paraskevopoulos avait annoncé le lancement d’une consultation publique, concernant le partenariat civil mais également la suppression d’articles du code pénal qui permettent une discrimination en raison de l’orientation sexuelle et de l’identité de genre, comme par exemple sur l’âge de consentement.