Dimanche 6 décembre, les citoyen.ne.s français.e.s sont appelé.e.s à élire leurs conseiller.e.s régionaux. Durant la campagne de ces élections, les questions liées à la communauté LGBT ont été évoquées, parfois par les associations et les militant.e.s, mais aussi à d’autres occasions par ceux et celles qui s’opposent à l’égalité des droits. Retour sur ces prises de positions.

La «Manif pour tous» avait annoncé une série de meetings en régions entre octobre et novembre pour connaître les positions des candidat.e.s sur la question de la famille. Animés par le rédacteur en chef du service politique de Valeurs Actuelles, Geoffroy Lejeune, ces meetings ont été l’occasion d’amener dans le débat les positions que défend l’organisation contre les «mesures anti-familles du Pouvoir en place» et «la déconstruction idéologique de la famille». Autre preuve que la «Manif pour tous» a bien conscience de l’importance de cette échéance électorale pour occuper le terrain médiatique, elle n’a pas hésité à acheter le nom de domaine les-regionales.fr pour informer ses militant.e.s de la tenue des rencontres.

SUBVENTIONS AUX ASSOCIATIONS LGBT
Dernièrement c’est lors de la rencontre dans la région Provence-Alpes-Côte d’Azur que la candidate Front national Marion Maréchal Le Pen a annoncé vouloir couper les subventions des associations LGBT qu’elle juge trop «politisées», ainsi que celles des plannings familiaux, qu’elle estime à 200000 euros, au motif que ces derniers portent une vision de l’avortement qui lui «pose problème».

La députée d’extrême-droite fait figure de favorite pour remporter l’élection loin devant les candidats Christian Estrosi (LR-UDI-Modem), et Christophe Castaner (PS-PRG). Face au tollé, les associations LGBT de la région ont réagi dans une lettre ouverte:

«Oui, Mme Maréchal Le Pen, nos associations sont politiques, au sens noble du terme, et elles sont impartiales. Nous en sommes fièr.e.s. (…) vous ne connaissez pas notre travail, il ne tient qu’à vous de prendre connaissance – enfin – de la réalité de terrain de cette région, au-delà des positionnements moraux et aveugles qui semblent être les vôtres.»

A Paris le samedi 28 novembre, des militantes du collectif Oui Oui Oui ont tenté de zapper la rencontre de l’organisation anti-égalité avec les candidat.e.s. Etait présente la candidate des Républicains Valérie Pécresse, qui ménageant la chèvre et le chou, avait affirmé deux semaines auparavant vouloir aider les association de lutte contre les discriminations et de prévention contre le sida, mais pas les «actions militantes et politiques». Dans son tract de campagne, la candidate LR n’hésite d’ailleurs pas à brandir le spectree de la soi-disant «théorie du genre» toujours dans l’intention évidente de draguer l’électorat réactionnaire.

WAUQUIEZ AVEC LA «MANIF POUR TOUS»
A Lyon, la rencontre de la «Manif pour tous» et des candidat.e.s le lundi 2 novembre s’est accompagnée d’une manifestation en réaction à la présence de Laurent Wauquiez (LR) et Christophe Boudot (FN). Une centaine de personnes sont venus dénoncer la collusion des idées des deux candidats. La Lesbian & Gay Pride Lyon organisait mardi 1er décembre un débat portant sur la lutte contre les discriminations, mais le candidat LR, invité, ne s’est pas présenté devant les associations. Autre source d’inquiétude à Lyon, la présence d’Anne Lorne sur la liste de Laurent Wauquiez, co-secrétaire nationale chargée de la petite enfance au sein de Les Républicains et déléguée régionale de Sens Commun, confirmant, selon les associations locales, «la volonté de Laurent Wauquiez de travailler avec la droite la plus conservatrice et la plus réactionnaire».

«Peu importe si lesdites subventions ne représentent qu’une part infime du budget d’une région (au total, les associations LGBT d’Ile-de-France touchent ainsi quelque 50000 euros pour plus de 500 millions versés en 2014). La Manif pour tous, elle, a retrouvé les projecteurs qui lui manquaient tant», constate la journaliste Delphine Legouté sur le site de l’hebdomadaire Marianne, en décrivant une organisation qui a réussi «à imposer ses obsessions dans le débat des régionales». Quant à Sens commun, le mouvement fondé par des militant.e.s «Manif pour tous» au sein de l’ex-UMP, le groupe a confirmé courant novembre qu’une trentaine de ses militant.e.s font partie des listes de ces élections régionales.

Mais des associations LGBT ont elles aussi profité de la campagne pour solliciter leurs candidat.e.s sur les questions liées qui les concernent. Celles de la nouvelle région Aquitaine – Limousin – Poitou Charentes ont par exemple fait parvenir un questionnaire pour savoir s’ils/elles comptent soutenir financièrement ces structures ou s’ils/elles ont l’intention d’agir contre les LGBTphobies au niveau régional.

Le 30 novembre au Centre LGBT de Paris-Ile de France, s’est tenu un débat suivi par Yagg, avec plusieurs candidat.e.s (Marie-Pierre de la Gontrie pour le Parti socialiste, Cécile Lhuillier pour la liste Fluo, Eric Coquerel pour le Front de Gauche, Pierre Serne pour EELV et Thierry Solère pour Les Républicains). Des candidat.e.s amené.e.s à s’exprimer sur de grandes thématiques, la lutte contre les discriminations, les subventions, la santé, l’éducation, la formation professionnelle, la famille et l’identité de genre.

A l’approche du premier tour de l’élection, l’association SOS homophobie a quant à elle tenu à dénoncer les différentes prises de positions de certains candidat.e.s: «SOS homophobie regrette que des femmes et des hommes politiques préfèrent encore aujourd’hui attiser la haine plutôt qu’œuvrer pour une société de respect et de fraternité. L’association rappelle l’importance que chacune et chacun s’engagent clairement et sans aucune ambiguïté en faveur de la lutte contre l’homophobie et la transphobie et pour la reconnaissance des droits et libertés des personnes LGBT et de leurs familles.»

Les élections régionales ont lieu le 6 et le 13 décembre 2015.

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