Miko, Elodie, Sarah, Lola, Djamilah, Jean-Jacques, Caroline, Asta… Les noms et prénoms des 130 victimes des attentats, le 13 novembre dernier, vont être lus à voix haute dans la cour des Invalides, à l’occasion de l’hommage national présidé par François Hollande.

Plusieurs médias publient des courtes bio accompagnées de photos des victimes, dont la moyenne d’âge était de 35 ans (20 Minutes, Mediapart). Ils et elles ont été tué.e.s devant un restaurant ou un bar, alors qu’ils et elles assistaient à un concert ou se promenaient dans les rues de Paris. Des centaines d’autres personnes ont été blessées et certaines sont toujours à l’hôpital. Des familles, des ami.e.s, des proches, ont été aussi profondément touchés. Au delà, ces attentats du 13 novembre ont pu réveiller d’autres traumatismes douloureux, chez celles et ceux qui avaient été touchées par le passé par des attaques du même type. C’est le cas de Judith, notre rédactrice en chef, qui l’a raconté dans un post sur son blog le week-end dernier («17 septembre 1982»).

Pour l’hommage rendu ce matin, c’est à chacun et à chacune de choisir la façon de s’y associer. Beaucoup a été dit, dans les médias, sur les réseaux sociaux, dans les discussions informelles dans la rue, sur ces attentats, leur cause, leur impact, leurs auteurs. A la sidération et à l’effroi ont succédé la colère parfois, la volonté de comprendre, l’émotion.

Au lendemain des attentats, nous avions demandé à des personnalités de nous faire part de leur témoignage. Car les quartiers et les cibles visés par les tueurs et leurs complices, Saint-Denis et le Stade de France, le Bataclan, les restaurants du Xe et XIe arrondissement, n’ont pas été choisis par hasard. La jeunesse, la musique, la liberté, la vie, ont été attaquées. Le président de SOS Homophobie, Yohann Roszéwitch, rappelait dans son témoignage que le Bataclan accueille une des plus grandes soirées gay de la capitale, les Follivores. Et l’avocate Caroline Mecary affirmait: «Face à la barbarie, il n’y a qu’une réponse à mes yeux : plutôt la vie».

La vie oui. Et le combat, nos combats, qui sont loin d’être gagnés et qui méritent encore plus aujourd’hui de se mobiliser, pour l’égalité, la liberté, la fraternité et la sororité.