L’association LGBT algérienne Transhomosdz a publié sur sa page Facebook une interview de Randa, une figure du militantisme LGBT en Algérie, co-fondatrice de l’association Abu Nawas et de la journée du TenTen. Avec Transhomosdz, elle aborde la situation des personnes trans en Algérie, les violences auxquelles elles peuvent être confrontées dans la société ou dans leur propre entourage, ainsi que les difficultés pour cette communauté à être visible. Un entretien très fort sur la liberté de pouvoir être soi-même. Extrait:

«THDZ: Récemment, une video a fait le buzz dans les réseaux sociaux en Algérie. Il s’agit d’une agression contre une femme trans. Toi qui as du quitter le pays pour éviter ces violences, qu’as-tu à dire à ce sujet?

Randa: Ce qu’a vécu la femme trans dans la vidéo est un quotidien ni plus ni moins. C’est le quotidien de toutes les femmes trans en Algérie. Contrairement aux personnes homosexuelles en Algérie qui peuvent switcher avec leur sortie du placard ou pas, les personnes trans, spécialement les femmes trans, n’ont pas ce luxe. Je m’explique. Un.e homo est dans le placard avec sa famille, au travail et là où il/elle juge que c’est mieux de rester dans le placard pour une raison ou pour une autre. Avec certain.e.s ami.e.s et dans certains milieux, il/elle sort du placard. Par contre, il n’y a pas de point de retour pour une personne trans. Si elle décide de vivre pleinement son identité de genre, elle ne peut plus revenir en arrière. Décider n’est pas le mot, parce que on ne décide pas de vivre son identité de genre, c’est plutôt une question de vie ou de mort. Et ça touche tous les détails de la vie et du corps. C’est une douleur lancinante, permanente et perpétuelle.»

Une interview à lire sur la page Facebook de Transhomosdz.