La journaliste égyptienne Mora Iraqi a été condamnée hier à six mois de prison et à une amende pour diffamation. La justice l’a reconnue coupable d’avoir dénoncé plusieurs hommes qui avaient été arrêtés fin 2014 dans un sauna du Caire. Mora Iraqi avait filmé l’arrestation et avait fait état de sa collaboration avec la police pour cette opération.

En décembre 2014, l’arrestation de 26 personnes suite à une descente de police dans un sauna du Caire avait fait grand bruit. En effet, la journaliste Mona Iraqi avait ouvertement collaboré avec la police pour, selon ses termes, montrer dans une émission «les causes de la propagation du VIH». Elle avait filmé les clients du sauna arrêtés et escortés par les forces de l’ordre. Alors que les 26 hommes, accusés de débauche et de prostitution, avaient finalement été acquittés, le rôle de Mona Iraqi dans ce coup de filet s’était précisé. Plusieurs hommes avaient donc porté plainte contre elle en février dernier pour diffamation et diffusion de fausses informations.

Mora Iraqi «ne sera pas incarcérée», a précisé son avocat à l’AFP. «Le verdict a été rendu par une juridiction inférieure, et nous allons faire appel», a-t-il ajouté. Mona Iraqi devra s’acquitter d’une caution de 1000 livres égyptiennes (soit 120 euros) et d’une amende de 10000 livres égyptiennes (1200 euros). Selon Tarek al-Awdi, l’avocat des hommes qui avaient porté plainte, l’opinion publique a eu «beaucoup de compassion pour les victimes». «Les gens savent que ce n’est pas ça le journalisme, commente l’avocat, que ce n’est pas professionnel.» Une autre plainte a été déposée contre Mona Iraqi, cette fois, pour l’interdire d’exercer à nouveau à la télévision.

En juin dernier, Libération publiait un portrait de Mona Iraqi, dans lequel la journaliste assumait pleinement ses méthodes d’investigation douteuses et sa collaboration avec la police et se défendait de toute homophobie.