Dans la lignée des Queers for the Climate et Out for Sustainibility avec lesquels il fonctionne, le collectif LGBTI pour le climat est inédit en France. Vivaces dans les pays anglo-saxons et en Scandinavie, les mouvements LGBT qui luttent contre le changement climatique étaient jusqu’alors très peu présents sur le sol français. Créé l’été dernier, LGBTI pour le climat souhaite dénoncer à coups de baguette magique, de rituels incantatoires, de licornes et de paillettes les impostures autour de la COP 21 qui s’ouvre à Paris lundi 30 novembre.

CONVERGENCE DES LUTTES ET SOLIDARITE
Le collectif propose ce que Cy, l’un de ses membres, appelle «un principe d’engagement et de convergence». «L’idée de convergence des luttes alimente un apport théorique mais il s’accompagne aussi d’un principe de solidarité avec les minorités. On le sait, les crises nourrissent les inégalités et les discriminations envers les populations marginalisées. Cette solidarité est donc du même ordre que les “Lesbians and Gays Support the Miners”», confie-t-il à Yagg, en citant l’exemple du mouvement dépeint dans le film Pride. .

À l’heure où il est question de «nature», le collectif prend également position contre certaines définitions essentialistes du terme qui émergent dans le paysage politique actuel.

«On observe une vague montante de ce genre de discours au sein des mouvements écologistes, note Cy. Notamment avec “l’écologie humaine” issue directement de la “Manif pour tous”.»

«Mais aussi chez certain.e.s écologistes de longue date qui s’interrogent sur la “vraie nature”. Dans ce contexte, il nous a semblé important de montrer que notre voix est aussi présente.» Cette voix que porte le collectif, Cy en avait développé les contours dans une tribune pour Yagg en octobre dernier: «N’est-il pas pertinent en effet, nous qui avons été si souvent taxé.e.s d’être “contre nature”, de revenir justement à celle-ci pour continuer à questionner son concept même? N’y a-t-il pas même un besoin essentiel LGBTI de pouvoir affirmer que nous ne nous inscrivons pas contre elle, mais en elle, et que nos préférences sexuelles, notre genre, les questionnements que nous incarnons, ne contribuent pas à la détruire mais seulement à déconstruire l’idée préconçue que nous en avons?»

«OPÉRATION CLIMATOFÉÉRIQUE»
Afin de mobiliser et de sensibiliser la population LGBTI, le collectif n’hésite pas à jouer des clichés. Licornes, paillettes, sirènes et fées sont en rendez-vous des actions du collectif. Du 29 novembre au 12 décembre, de courtes actions seront organisées dans des lieux symboliques et signifiants de la région parisienne.«L’idée est que l’on soit déguisé.e.s de la manière la plus fabuleuse et magique possible, explique Cy. Nous voulons dévoiler les impostures, montrer où se cache la vraie magie.» Le but, «faire sortir du placard celles et ceux qui disent s’engager pour le climat alors qu’ils font uniquement du greenwashing (éco-blanchiment en français)», développe-t-il. Les grands groupes qui affichent leur soutien à la COP 21 tout en continuant allègrement leurs pratiques écologiquement destructrices sont donc directement visés.

Cette opération «climatoféérique» intitulée «It’s a kind of magic» se veut internationale. Grace au hashtag #itsakingofmagic, les organisateurs/trices espèrent mobiliser au-delà de Paris, partout en France et dans le monde. «Chaque action portera un slogan spécifique qui pourra être repris, nous laisserons une trace virtuelle de chaque action avec des vidéos et des photos mais aussi une trace physique sur place avec des pochoirs et des paillettes» détaille Cy au nom du collectif.

Les tours de magie commenceront dès le dimanche 29 novembre. Toutes les informations et lieux d’actions sont à retrouver sur la page Facebook du collectif.

Version française du flyer de l’opération:

Flyer 1

Flyer « Opération climatoféérique »

Flyer 2

Texte du flyer « Opération féérique ».