Pierre Seel est mort il y a 10 ans, le 25 novembre 2005. Il fut le premier français déporté pour motif d’homosexualité à témoigner publiquement (et le seul). Il avait 17 ans, en 1941, lorsque les nazis l’ont arrêté et envoyé au camp de Schirmeck-Vorbruck. C’est là qu’il assiste un jour à une scène terrible: les nazis font dévorer par les chiens Jo, son amant, qui a 18 ans. Il gardera cette scène en tête toute sa vie.

En 1990, il demande à l’Etat de le reconnaître en tant que déporté homosexuel. En 1994, il écrit avec Jean Le Bitoux Moi, Pierre Seel, déporté homosexuel. Il raconte ensuite son histoire de nombreuses fois. On peut notamment l’entendre dans le documentaire Paragraphe 175.

HOMMAGES
Dans les jours qui viennent, les associations Mémorial de la Déportation Homosexuelle et Les «Oublié.e.s» de la Mémoire vont lui rendre hommage à travers plusieurs événements.

Aujourd’hui samedi 21 novembre 2015 une gerbe sera déposée à 14H30 au cimetière de Bram (Aude), où il repose. Il y aura ensuite une cérémonie officielle sous l’égide de la ville de Toulouse rue Pierre Seel – Quai Saint Sauveur – à partir de 18H. Puis, les «Oublié.e.s» de la Mémoire, inviteront à se réunir  à l’Espace Diversité Laïcité au 38 rue d’Aubuisson pour un Temps mémoriel, en présence d’une violoniste 1er prix du Conservatoire de Toulouse, clôturant l’exposition « la Déportation pour motif d’homosexualité » suivi d’un verre de l’Amitié.

Mercredi 25 novembre 2015 à partir de 20H,  un Temps Mémoriel sera proposé en présence des Menus Plaisirs les Concerts Gais suivis de la projection du témoignage de Pierre Seel (images inédites en France) au Centre LGBT Paris IDF – 63, rue Beaubourg Paris 3ème.

Le jeudi 26 novembre 2015 à 15H, dans le cadre du Festival Chéries-Chéris au Forum des Images Ville de Paris, l’association Mémorial de la Déportation Homosexuelle y soutiendra la projection du film Bent suivi d’un échange avec la salle.

Le samedi 28 novembre 2015, à midi, devant la plaque Pierre Seel au Théâtre de la Sinne à Mulhouse, un recueillement inter-associatif avec dépôt de gerbe se tiendra.

UN REPÈRE, UN SYMBOLE, UN MODÈLE
Pour les deux associations, Pierre Seel demeure « un repère, simple et familier, qui suscite le respect sans commander la déférence ; Un symbole pour son endurance dans l’adversité face à l’oppression nazie dans le camp de sûreté et de redressement de Schirmeck-Vorbruck (Bas-Rhin) pendant 188 jours d’internement suivi près de 2 ans enrôlé de force dans l’armée allemande et de trop nombreuses années de silence sous la pression sociale après guerre ; Un modèle pour sa vigilance face aux négationnistes et aux révisionnistes des temps modernes comme pour son engagement et son volontarisme au service d’une cause qui est la nôtre celle du respect des droits humains ».

Voir également notre entretien exceptionnel avec Rudolf Brazda, dernier triangle rose.