Vendredi 20 novembre, aura lieu le 17ème TDoR, la journée de souvenir des personnes trans assassinées. Célébrée en France depuis 2004, cette journée met en lumière les crimes commis à l’encontre des personnes trans à travers le monde. Ces crimes longtemps méconnus et ignorés, sont répertoriés depuis 2008 par Trans Murder Monitoring (TMM). Le premier rapport est sorti en juillet 2009, depuis quelques deux à trois rapports sont publiés chaque année faisant état des noms des victimes, de leur âge, leur profession ainsi que du pays et des circonstances dans lesquels elles ont été assassiné.e.s. La mise à jour publiée ce 9 novembre fait état de 271 morts dans les 29 pays où des données ont été récoltées entre le TDoR 2014 et la fin du mois de septembre de l’année 2015. Lors du TDoR de l’an dernier, ce nombre s’élevait à 226. Cela établi le nombre total de meurtres commis depuis 2008 à 1933.

DES DONNÉES À GÉOMÉTRIE VARIABLE
Sur la base des données globales, la région la plus touchée est sans nul doute l’Amérique Centrale et l’Amérique du Sud, avec 1507 cas recensés depuis 2008, dont 770 rien que pour le Brésil. Cette tendance persiste puisqu’au cours des douze derniers mois, au moins 118 assassinats ont été perpétrés au Brésil, 34 au Mexique, 15 en Colombie et 10 en Argentine. En octobre dernier,  l’une des figures de l’activisme LBGT en Argentine, la militante trans Diana Sacayán, avait d’ailleurs été retrouvée assassinée à son domicile.

carte du tdor 2015 bis

Carte TMM du nombre de personnes trans assassinées entre janvier et octobre 2015.

Ce que note TMM, c’est que les régions les plus touchées sont aussi celles qui ont des organisations trans importantes qui s’occupent elles-mêmes de recenser le nombre de victimes. Ainsi, seuls 9 meurtres ont été dénombrés en Afrique depuis 2008 et aucun depuis octobre 2014. L’une des explications est le très faible nombre de pays africains à communiquer des données. En effet, seuls quatre sont représentés, la Mauritanie, l’Afrique du Sud, l’Ouganda et l’Algérie. Dans le reste du monde, on compte entre octobre 2014 et octobre 2015, 18 meurtres en Asie (principalement en Inde, aux Philippines et au Pakistan), 11 en Europe (dont 1 en France), 28 en Amérique du Nord (dont 27 aux Etats-Unis) et 1 en Océanie.

Ces chiffres ne doivent cependant pas seulement être analysés de manière brute, il est important de les mettre en relation avec le nombre d’habitant.e.s par pays. TMM propose ainsi une carte avec les données relatives pour chaque pays. On découvre alors des pays particulièrement touchés comme le Honduras où le taux de trans tué.e.s sur un million d’habitant.e.s s’élève à 9.56. Pareil pour la Guyane qui a un taux de 5, alors que celui du Brésil où il y a le plus grand nombre d’assassiné.e.s est à 3.84:

Carte donnees relatives

Carte TMM du nombre de personnes trans assassinées par million d’habitant.e.s

LES TRAVAILLEURS/EUSES DU SEXE PARTICULIÈREMENT TOUCHÉ.E.S
Au delà du nombre de victimes de crimes de haine par continent et par pays, le rapport répertorie également la profession de celles et ceux qui ont été tué.e.s. Avec 454 meurtres depuis 2008, les travailleurs/euses du sexe sont les principaux/ales touché.e.s. Cette proportion importante se retrouve en 2015 avec 49 des 192 victimes dénombrées entre janvier et octobre 2015 qui exerçaient cette activité. Loin derrière, le deuxième corps de métier le plus touché est celui des professionnel.le.s de la beauté (coiffeurs/euses, stylistes, esthéticien.ne.s) avec 72 victimes depuis 2008. Pour autant, ces données sont loin d’être complètes car la profession de 112 des 192 tué.e.s en 2015 est inconnue.

DES MEURTRES D’UNE EXTRÊME VIOLENCE
Ces meurtres sont perpétués avec une extrême violence. Depuis janvier 2008, 702 assassinats ont été commis par arme à feu tandis que 377 trans ont été poignardé.e.s et 207 battu.e.s à mort. Ces meurtres ont majoritairement lieu dans la rue. 93 meurtres ont été perpétués dans l’espace public en 2015, 28 au domicile de la victime. Le nombre de victimes tué.e.s à leur domicile est aussi alarmant, puisque depuis 2008, 267 personnes trans ont été assassinées chez elles, un chiffre qui laisse à penser que ces assassinats sont prémédités et organisés. Cette violence meurtrière s’exerce en outre à l’encontre de personnes trans particulièrement jeunes. Quasiment la moitié des victimes (44,4%) avaient entre 20 et 29 ans tandis que 29,2% avaient entre 30 et 39 ans.

Accéder aux cartes de Trans Murder Monitoring.