Elles s’appelaient Halima, Lola, Marie, Hodda, Hélène… Ils s’appelaient Luis Felipe, Valentin, Milko, François-Xavier, Amine… Ils sont 129 à être morts ce soir-là [bilan provisoire], 352 à être blessés de manière plus ou moins grave. Des femmes et des hommes, des filles et des garçons, des enfants. Des êtres aimés et aimants. Des femmes et des hommes comme nous.
C’étaient eux, ça aurait pu être nous…

Ils sont tombés sous les balles d’hommes qu’ils ne connaissaient pas, à qui ils n’avaient jamais causé le moindre tort.

Ils sont tombés sous les balles d’assassins alors qu’ils partageaient un moment de joie, en terrasse d’un restaurant, dans une salle de concert.

Ils sont tombés sous les balles de fanatiques aveugles alors qu’ils sont les citoyens d’une société ouverte, généreuse, accueillante.

Paris, la France, le monde également, ne seront plus tout à fait comme avant. Une fois encore, la folie meurtrière pousse une démocratie à mettre un genou à terre. Les États Unis, la Grande-Bretagne, l’Espagne… pour ne rappeler que quelques souvenirs abjects, ont souffert comme nous souffrons aujourd’hui. Nous nous relèverons plus forts, plus unis, plus solidaires.

Loin de se replier sur elle-même, la France sera plus ouverte sur le monde et plus respectueuse des différences. Ceux qui pensent que ces actes odieux nous conduiront à suspecter tous les autres se trompent.
Au contraire… Nous témoignerons à chacun, quelle que soit son origine, quelle que soit sa religion, quelle que soit la couleur de sa peau la solidarité qui a construit la France et en a fait un pays multiculturel, pluriethnique, qui accepte tous les modes de vie, qui reconnaît toutes les libertés.

A celles et ceux qui sont restés à terre, à celles et ceux qui sont encore entre la vie et la mort, à celles et ceux qui sont soignés, à
celles et ceux pour qui ils sont chers, je dis ma compassion, mon estime et mon amitié.

Aux forces de l’ordre, aux secouristes, à toutes celles et tous ceux qui, en portant assistance ou en ouvrant leur porte ce vendredi soir pour recueillir la détresse, je veux dire que notre Nation est fière de vous.

Sur la place de la République, la devise de notre ville a été déployée «Fluctuat Nec Mergitur»… La plus belle des réponses à apporter à ceux auxquels notre liberté fait peur…