April Hoagland, 38 ans, et Beckie Peirce, 34 ans, vivent à Carbon County, dans l’Utah. Elles sont mariées et élèvent les deux enfants de Beckie, qui ont 12 et 14 ans. Il y a quelques temps, le couple a décidé de devenir famille d’accueil et a obtenu l’approbation des services sociaux en début d’année. Un bébé a donc été confié à la famille il y a trois mois, que le couple a l’intention d’adopter, à la demande de sa mère biologique.

Pourtant, un juge de l’Utah, Scott Johansen, a décidé de retirer l’enfant à la famille, estimant que les enfants élevé.e.s dans des familles homoparentales vont moins bien que celles et ceux qu’élèvent des familles hétéroparentales, rapporte la chaîne de télévision locale KUTV. Pour en arriver à cette conclusion, il s’est appuyé sur «une multitude d’études», sans plus de précision, selon Mandie Torgerson, l’avocate de la mère biologique de l’enfant, qui compte faire appel de la décision afin que la petite, qui a aujourd’hui un an, puisse rester avec April et Beckie.

Le premier reportage de KUTV:

Si le lecteur ne s’affiche pas, cliquez sur Foster parents say child removed from their home because they are gay

Le couple a reçu le soutien d’Hillary Clinton, en campagne pour l’investiture démocrate aux prochaines élections présidentielles, qui a tweeté le lien du reportage de KUTV, accompagné de cette phrase: «L’orientation sexuelle n’a rien à voir avec la capacité à être un bon parent, des milliers de familles le prouvent»:

Le jugement fait suite à une audition de routine d’April et Beckie, selon Time, qui précise également que les avocats de l’Utah Division of Child and Family Services (DCFS) vont examiner la décision pour voir comment l’attaquer. Le jugement donne une semaine à la DCFS pour trouver une autre famille d’accueil. «Nous cherchons simplement des familles aimantes pour ces enfants», a déclaré Ashley Sumner, porte-parole de la DCFS, dont l’objectif est de tenter de laisser les enfants dans la même famille le plus longtemps possible. Sans entrer dans les détails du jugement, Ashley Sumner a confirmé que l’homosexualité du couple était bien ce qui posait problème au juge, et qu’à la connaissance de la DCFS, aucun autre grief ne lui avait été fait.

«Retirer un enfant d’un foyer aimant simplement parce que les parents sont LGBT est scandaleux, choquant et injuste, a estimé pour sa part Chad Griffin, président de l’association Human Rights Campaign (HRC) dans un communiqué. C’est aussi totalement contraire à toutes les preuves que les enfants élevé.e.s par des parents de même sexe vont aussi bien que celles et ceux dont les parents sont de sexe différent. Alors que tant d’enfants ont besoin de trouver des familles d’accueil aimantes, il est effrayant de voir qu’un enfant peut être retiré aux parents qui en prennent soin et ont l’intention de l’adopter.»

«Nous l’aimons et elle nous aime et nous n’avons rien fait de mal, a commenté Beckie Peirce, citée par The Salt Lake Tribune. Et la loi, telle que je la comprends, dispose que tout couple marié légalement peut accueillir et adopter.»

Et de souligner: «Nous sommes très soutenues. La DCFS veut que l’enfant reste avec nous, le tuteur légal de l’enfant veut qu’elle reste avec nous, la mère veut qu’elle reste avec nous, donc le seul obstacle, c’est le juge.»

Selon les médias locaux, ce n’est pas la première fois qu’une décision du juge Scott Johansen pose problème. En 2012 par exemple, il avait ordonné à une mère de couper la queue de cheval de sa fille de 13 ans pour la punir d’avoir coupé les cheveux d’une enfant de trois ans dans un restaurant.

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