Actrice, performeuse, réalisatrice, connue pour ses vidéos surprenantes – voire dérangeantes – et son adaptation sur scène du Scum Manifesto de Valérie Solanas, Catherine Corringer travaille depuis plusieurs mois sur un court métrage fantastique de 25 minutes, Shamanic Killer, premier volet d’un projet plus large, un triptyque intitulé Sentimental Absorption. Le film a été tourné en juin 2015 dans les locaux de l’ancien hôpital psychiatrique Etoc-Demazy, au Mans, grâce au soutien du Conseil régional des Pays de la Loire, l’équipe cherche désormais à financer le montage, les effets spéciaux, la musique (composée par Léonie Pernet) etc. Un appel à la coproduction a donc été lancé sur touscoprod.

Le pitch du film: «Gabriel, adolescent de 17 ans, se réveille allongé sur le sol, entouré des cadavres de ses camarades de classe. Tandis que la police tente d’entrer, il est pris de convulsions qui ralentissent sa respiration, les battements de son cœur jusqu’à le faire passer pour mort…»

Tous les personnages sont masculins, tous sont interprétés par des femmes. Gabriel est joué par Abigail Neuberger, l’inspecteur de police Jonathan par Régina Demina. «Avec cette proposition radicale l’idée est de semer « le trouble dans le genre », et ainsi échapper à la binarité», indique l’équipe sur la page touscoprod du projet. «En écrivant le scénario, j’ai pensé à ces “tueries adolescentes” qui alimentent régulièrement notre actualité, en particulier aux États-Unis, précise Catherine Corringer. Outre le fait qu’elles soient souvent organisées et planifiées dans une grande solitude, témoignant d’une réelle détresse et d’une incapacité de communiquer, ces tueries sont très rarement perpétrées sur des adultes. Comme si il y avait, au bout du compte, une certaine communauté adolescente et que, par ces meurtres, qui se terminent la plupart du temps par le suicide du meurtrier, quelque chose de la communion avait lieu, comme un désir de rassemblement dans la mort.

«Comme s’il fallait aller jusque là pour briser la solitude, avoir, à la fois, un sentiment d’appartenance et affirmer son identité d’une manière spectaculaire: par ce biais, le film pose crument la question de l’amour, de la solitude, et de l’identité. »

Un reportage sur le tournage:

Si le lecteur Shamanic Killer : un film tourné dans un ancien hôpital psychiatrique