En septembre 2014, des drag-queens avaient protesté contre la nouvelle politique du «nom réel» mise en œuvre par Facebook. Elle imposait à tou.t.e.s les utilisateurs/trices d’être inscrit sous leurs nom et prénom figurant sur leurs papiers d’identité. Problème, des personnes trans, des militant.e.s, des artistes sous pseudonyme, des personnes issues de certaines minorités ethniques, ou encore des personnes exerçant certaines professions peuvent avoir des raisons de s’inscrire sous un nom d’usage qui n’est pas celui figurant sur leur état civil. Plus d’un an plus tard, le réseau social de Mark Zuckerberg semble enfin disposer à opérer quelques changements.

En octobre dernier, de nombreuses organisations de défense des droits humains du monde entier avaient de nouveau fait part de leur mécontentement dans une lettre ouverte: «Il est temps pour Facebook d’offrir l’égalité de traitement et de protection à tous ceux qui utilisent et dépendent de Facebook comme plate-forme centrale pour l’expression et la communication en ligne». En réponse à cette lettre, Alex Schultz, vice-président du développement de l’entreprise, a annoncé que la politique du nom réel allait connaître des modifications: «J’ai vu dans un premier temps à quel point les personnes – y compris les personnes LGBT – peuvent être harcelées en ligne par des personnes qui utilisent des comptes faux ou qui usurpent l’identité de quelqu’un. Dans le même temps, j’ai marché avec notre chef des opérations communautaires lors de la Pride de San Francisco, et j’ai entendu le retour des LGBT et des autres communautés disant que notre politique et nos outils ne permettent pas aux personnes d’être qui elles sont sur Facebook. Nous comprenons aussi les défis de beaucoup de personnes trans quand il s’agit de faire leur changement de nom. C’est pourquoi nous faisons des changements aujourd’hui et pour l’avenir, et nous continuerons de nous engager avec vous et tou.t.e.s ceux et celles qui s’occupent des plus vulnérables qui utilisent nos produits. Il faut trouver un équilibre – nous voulons trouver une ligne qui minimise le harcèlement mais qui maximise le potentiel des personnes pour qu’elles soient elles-mêmes sur Facebook.»

Les changements évoqués par Alex Schultz vont donc donner plus de souplesse aux utilisateurs et utilisatrices pour donner du contexte justifiant le nom figurant sur leur profil. La seconde évolution sera en direction de ceux et celles qui signalent les profils allant à l’encontre de la politique du «nom réel» de Facebook. Elle exigera davantage d’informations justifiant le signalement, afin d’empêcher les abus. Dans sa lettre, Alex Schultz indique que ces modifications seront effectives avant la fin de l’année. Contacté par Yagg, le service communication de Facebook en France a affirmé que les utilisateurs/trices français.e.s devront cependant attendre un peu avant de pouvoir expérimenter ces quelques changements: «Les tests commenceront en effet aux États-Unis en décembre mais d’après nos informations, ce ne sera pas disponible à cette date en France. Cela prendra probablement plus de temps.»