Marisol Touraine est favorable à l’ouverture de la PMA aux couples de femmes, elle l’a déjà dit. Mais pas au point d’ouvrir le débat. Pourquoi? Toujours les mêmes raisons, la peur de la «Manif pour tous» et d’une bruyante minorité.

«À partir du moment où la PMA n’a pas été inscrite dans la loi sur le mariage pour tous, ce que je regrette, faut-il le faire maintenant, au risque de ranimer des tensions? Je ne le pense pas. Nous sommes dans une société qui a beaucoup de combats à mener. Avançons sans bousculer, dans le rassemblement», a-t-elle expliqué au Monde.

Un peu plus loin, évoquant l’IVG et sa remise en question par certain.e.s, la ministre de la Santé poursuit: «Ces voix minoritaires et conservatrices expriment des craintes face à une société qui bouge. Elles peuvent inquiéter, d’autant plus que nous sommes dans une période difficile sur le plan économique. Il faut continuer à avancer vers de nouvelles conquêtes, mais pas de manière idéologique.»

Le Monde a aussi interrogé Marisol Touraine sur le jugement du tribunal de grande instance de Tours qui a accordé le droit à une personne intersexe d’avoir la mention «sexe neutre» sur son état civil: «Ce sujet relève de la garde des sceaux, répond la ministre. Mais le jugement du tribunal de grande instance de Tours, qui ne reconnaît pas un troisième sexe, est une invitation à examiner les réponses plus durables qui pourront être apportées à des situations complexes. Quant aux opérations, notre société a du mal à penser ce qui ne rentre pas dans des cases. Une réflexion est en cours.»

Voir aussi notre chronologie: PMA, de la promesse à l’oubli.